21/03/2015 09:50

Présenté à tort comme un terroriste, un Algérien réclame 60.000 euros à l'ancien directeur de cabinet de Claude Guéant

Expulsé de France et présenté à tort comme un terroriste, un Algérien de 48 ans réclame 60.000 euros à l'ancien directeur de cabinet de Claude Guéant au ministère de l'Intérieur, qui avait validé un communiqué le concernant.

"Ça a été un tremblement de terre pour moi", a expliqué Ali Belhadad au tribunal correctionnel de Paris, devant lequel était poursuivi pour diffamation publique Stéphane Bouillon, aujourd'hui préfet de la région Alsace.

"Les gens doutaient de moi, j'ai perdu la confiance de ma propre femme et de ma famille." Le 2 avril 2012, peu après l'affaire Merah, un communiqué de l'Intérieur annonçait l'expulsion en "urgence absolue" de cinq étrangers, islamistes extrémistes présumés. Tête de liste, Ali Belhadad, présenté comme ayant "été condamné pour son rôle dans les attentats de Marrakech de 1994", où deux touristes espagnols avaient été tués, ce qui est faux.

Mention reprise le soir même au 20 heures de TF1. M. Belhadad a été débouté en octobre d'une première action contre la chaîne, le tribunal ayant estimé que la "bonne foi" des journalistes ne pouvait être mise en cause.

Son expulsion a été annulée par la justice administrative et il a pu regagner la France en mai 2014. M. Bouillon a expliqué au tribunal avoir validé le communiqué dont les informations correspondaient à celles d'une note des Renseignements généraux de la préfecture de police de Paris (RGPP) classée "confidentiel défense".

Problème, cette note semble avoir introduit une erreur.

L'arrêté d'expulsion de M. Belhadad évoque sa fréquentation assidue d'un "vétéran des camps d'entraînement en Afghanistan et au Pakistan, condamné pour son rôle dans les attentats de Marrakech".

Dans la note RGPP, les mots "il a été" ont été rajoutés après la virgule, attribuant la condamnation à M. Belhadad et non plus au "vétéran".

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