03/02/2015 16:12

Mal logement : La Fondation Abbé Pierre s'en prend aux politiques

La Fondation Abbé Pierre fait un constat "douloureux" du mal-logement en France, dans son 20e rapport annuel rendu public mardi.

Près de dix millions de personnes sont en situation de fragilité par rapport au logement, dont 3,5 millions mal-logés au sens strict (sans domicile, en chambre d'hôtel, en camping, dans des abris de fortune, des logements insalubres ou dans des conditions de logement très difficile).

Aussi, les expulsions n'ont pas fléchi.

En 2013, 120.000 décisions d'expulsion pour impayés ont été rendues.Zahra, 52 ans, est dans ce cas.

Menacée d'être expulsée de son deux-pièces de 55 m2 où elle vit avec ses quatre enfants, pour des loyers impayés depuis un an et demi.

Cette illustratrice-plasticienne indépendante qui n'a droit à aucune aide "n'arrive plus à joindre les deux bouts" depuis que son ex-mari, qui versait une pension alimentaire mensuelle de 2.700 euros, est brutalement décédé.

"C'est la chute libre", dit-elle, en sursis jusqu'à la fin de la trêve hivernale.

La situation s'est aggravée également pour les plus exclus: le nombre de SDF a augmenté de 50% en dix ans, avec 141.500 adultes et enfants concernées en 2012.

Et les profils se sont diversifiés: outre les familles, dont le nombre a bondi, on retrouve de plus en plus de jeunes à la rue, des demandeurs d'asiles, et des malades psychiatriques.

"Les dispositifs d'aide ne sont plus adaptés et se sont engorgés", explique Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation. Ainsi 1,8 million de ménages sont en attente d'un logement social, alors que seulement 450.000 sont attribués chaque année.

De même 355.000 demandes d'hébergement pour SDF ont été formulées durant l'hiver 2013-2014 selon le baromètre du 115, mais seulement 140.000 places ont été attribuées.

Et les familles sans domicile, en priorité hébergées à l'hôtel, notamment en Ile-de-France, se retrouvent aussi à la rue, car le dispositif, qui coûte très cher, arrive à saturation.

Une situation reconnue par le gouvernement, qui lance mardi "un plan triennal de réduction des nuitées hôtelières", "remplacées par des solutions plus pérennes", précise l'entourage de la ministre du Logement, Sylvia Pinel.

"La mobilité ne se fait plus, les gens ont du mal à sortir des dispositifs d'aide", explique Manuel Domergue. Résultat, certaines personnes, désabusées, renoncent à demander de l'aide, préférant parfois rester dans un logement insalubre ou dormir dans la rue plutôt que d'appeler chaque soir le 115.

Plusieurs textes ont tenté d'améliorer la situation, comme la loi SRU obligeant les communes à produire du logement social ou la loi Dalo obligeant l'Etat à reloger les plus démunis, mais de nombreux "blocages" subsistent.

"Le rapport pointe un changement de cap du gouvernement, mais les objectifs en termes de lutte contre le mal-logement restent les mêmes", assure l'entourage de la ministre.

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Vos réactions

Portrait de gb4612
3/février/2015 - 17h41

Pourtant toutes ces associations d'aide aux plus démunis devraient être contentes ! la gauche est au pouvoir et il était virulent vis à vis du gouvernement précédent ! vous avez vu du changement depuis Hollande envers les pauvres ! c'est vrai que nos dirigeants socialistes n'ont pas les moyens financiers d'aider le peuple ,ils en sont tellement éloigné ! et pourtant quand vous voyez les revenus qu'ils ont c'est indécent ! même que certains oublis de payer leurs amendes ,leurs impôts et même on un compte en Suisse ! c'est l’exemplarité de notre Président ! ou sont les gens honnêtes pour nous gouverner !  

 

 

Portrait de lionel06
3/février/2015 - 17h10 - depuis l'application mobile

Trop de monde sur le territoire, pays trop attractif...

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