12/01/2015 10:36

Reportage avec ces étrangers qui ont défilé hier dans les rues de France pour dire non aux attentats

"No pasaran!" ("Ils ne passeront pas!"), "Paris stand up for freedom" ("Paris se lève pour la liberté"): dans la marche historique de dimanche à Paris, les slogans dépassaient les frontières linguistiques et des étrangers étaient venus défendre la France, "terre de liberté". "On ne touche pas à ma France! La France, c'est le pays des Lumières", lance Marie Badas, Brésilienne de 56 ans, dans le pays depuis quatre décennies.

"J'ai appris à lire en lisant Charlie", raconte-t-elle à l'AFP. Son amie vénézuélienne, Sandra Silvia, 52 ans, s'est drapée dans un immense drapeau français et a habillé de même sa petite chienne.

"Dans n'importe quel pays, ça aurait été l'horreur mais là ce n'est pas dans n'importe quel pays: c'est la France. Le pays des droits de l'homme, de la liberté, de la littérature, des arts. La France, c'est un symbole", affirme cette professeur de chant, en France depuis 20 ans. Ailleurs dans le cortège, Mohammed, Français d'origine algérienne âgé de 64 ans, est venu par "solidarité".

"L'Algérie a été victime de cette barbarie, de cet obscurantisme, de cette intolérance que j'ai eue à vivre", raconte ce cadre dans la gestion immobilière. Plus loin, Durdu, quadragénaire kurde, s'est recouvert de la tête aux pieds d'autocollants "Je suis Charlie", "Laïcité, Liberté d'expression, Antiracisme".

"Ça fait trois mois environ qu'on fait la guerre au Kurdistan contre ceux qui sympathisent avec ceux qui ont tué Charlie. C'est la même mentalité. Ils tuent, égorgent, c'est la même mouvance radicale de l'islam", estime ce buraliste, en France depuis 19 ans. Des représentants du Front populaire tunisien renchérissent : "Les terroristes sont les mêmes que ceux qui ont assassiné Chokri Belaïd (opposant tué en février 2013, ndlr). Nous soutenons la France contre eux, c'est un même combat". Saadet, Turque d'une vingtaine d'années, est entourée d'un petit groupe d'amis turcs brandissant des pancartes en anglais et des "No pasaran!".

"Oui, on est Turcs mais c'est secondaire, on est des humanistes (...) On aime la France, on est venu le dire", explique la jeune femme, en France depuis 10 ans. "Ce qui s'est passé cette semaine me choque beaucoup, parce que la France donne beaucoup de choses aux étrangers, l'Etat n'écarte pas les gens", souligne Magdy, 53 ans, d'origine égyptienne, venu de banlieue avec sa femme et leurs deux enfants.

Dans la foule immense, on entend des bribes d'anglais, d'italien, d'espagnol, de turc, d'arabe. Les drapeaux tricolores français sont majoritaires mais flottent aussi dans le ciel parisien les étendards de nombreux pays. Daniel, étudiant anglais de 20 ans, est "là pour montrer (son) attachement à la liberté d'expression. J'achèterai le prochain numéro de Charlie Hebdo, si j'arrive à le trouver", déclare le jeune homme qui scande, drapeau français à la main, "Vive la France, vive l'Entente cordiale" franco-britannique.

De nombreux touristes, happés par l'actualité lors de leurs vacances, ont aussi tenu à défiler comme Steven Kowalick, un Australien de 53 ans, de passage à Paris avec sa famille pendant une semaine.

Le ministre américain de la Justice Eric Holder avait résumé, juste avant la marche, un sentiment partagé: "On this day, we are all French citizens", "en ce jour, nous sommes tous des citoyens français".

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de booketc
12/janvier/2015 - 13h39
je suis Charlie a écrit :

pourquoi doivent ils être aux premières loges?

Parce qu'ils se disent une "religion de paix", c'était le moment idéal de le prouver, eux qui sont la cause de toutes les guerres du monde.

Portrait de booketc
12/janvier/2015 - 11h05

Comme beaucoup, j'ai remarqué la quasi absence des musulmans dans la foule (en dehors des représentants officiels), eux qui auraient du être aux premières loges.