14/10/2014 13:00

Les deux journalistes français d'Arte arrêtés début août en Indonésie seront jugés le 20 octobre

Les deux journalistes français arrêtés début août en Indonésie pour avoir effectué sans autorisation un reportage sur des rebelles séparatistes de Papouasie seront jugés lundi par un tribunal de cette province, a indiqué mercredi l'avocat des Français.

Thomas Dandois et Valentine Bourrat comparaîtront le 20 octobre devant le tribunal de district de Jayapura, capitale de la Papouasie, où ils devront répondre d'"usage abusif de visa d'entrée" en Indonésie, a déclaré l'avocat Aristo Pangaribuan.

Les deux Français étaient entrés dans l'archipel avec un visa de tourisme, alors qu'ils auraient dû être en possession d'un visa de journaliste et d'une autorisation des autorités pour pouvoir exercer leurs activités en Papouasie, une région sensible où de nombreux militaires sont déployés pour lutter contre des mouvements séparatistes.

Les journalistes avaient été interpellés le 6 août pour infraction à la législation sur l'immigration, lors d'un reportage qu'ils réalisaient pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte, en Papouasie, dans l'est de l'archipel. Ce délit est sanctionné par une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison, selon la législation indonésienne.

L'association Reporters sans frontières (RSF) et les syndicats de journalistes français SNJ et SNJ-CGT avaient réclamé lundi la libération immédiate de leurs deux confrères, appelant les autorités françaises "à tout mettre en oeuvre" en ce sens. En règle générale, les journalistes arrêtés en Indonésie sont ensuite expulsés, mais le cas des deux Français retenu pendant une période inhabituellement longue est intervenu dans un contexte particulier.

Thomas Dandois avait été interpellé dans un hôtel de la ville de Wamena (est) en compagnie de trois membres du Mouvement de la Papouasie libre (OPM), et Valentine Bourrat avait été appréhendée peu de temps après. Les rebelles rencontrés par les journalistes venaient des montagnes du centre de la Papouasie, dans le district de Lanny Jaya, où cinq séparatistes ont été abattus dans un échange de coups de feu avec des militaires le 1er août, soit quelques jours seulement avant l'interpellation des Français.

Deux policiers avaient été tués quelques jours plus tôt dans une embuscade attribuée à l'OPM.

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Portrait de Dubitatif
15/octobre/2014 - 09h31

Comme chacun devrait le savoir, lors du processus mondial de décolonisation dans les années 60, la nouvelle Guinée, coupée en deux et colonisée à l'Est par l'Australie et à l'Ouest par les Pays-bas, a été rendue à ses habitants. Si l'Australie a joué le jeu, laissant se créer l'état indépendant de Papouasie-Nouvelle Guinée, avec comme capitale Port Moresby, la partie occidentale a été aussitôt annexée par l'Indonésie, en tant que province supplémentaire, sous le nom d'Irian Jaya ou Papouasie occidentale (capitale Jayapura), sans que les hollandais ne protestent.

Depuis, des mouvements séparatistes papous existent, qui, à l'occasion, créent des attentats, réprimés sévèrement par les indonésiens. Cette région faites de mangroves et de forêts vierges, habitat naturel des vrais papous (dont les célèbres Asmats, anciens coupeurs de têtes) est actuellement saccagée par des installations minières, car le sous-sol regorge de richesses minérales. Petit à petit, l'Irian Jaya est colonisée, véritable cancer, par des indonésiens qui répriment toutes les coutumes papoues ancestrales.

L'Indonésie, peu à l'aise dans sa politique de colonisation, interdit tout accès étranger dans certaines zones et encore moins tout reportage.

Il y a donc tout lieu de s'inquiéter des condamnations de ce futur procès; seule une pression internationale pourra atténuer la rigueur du jugement.