sondage
Les Français boudent toujours plus la politique et renvoient dos à dos gauche et droite traditionnelle, avec toutefois un penchant toujours plus marqué pour les thèses europhobes et anti-immigrés, révèle une enquête approfondie publiée lundi.
L'étude annuelle d'OpinionWay pour le Centre de recherches de Sciences Po (Cevipof) dresse un tableau encore plus sombre de l'état de la société française que ceux des quatre-cinq dernières années, déjà alarmistes.
Le "dégoût" pour la politique habiterait désormais 31% des Français (23% en décembre 2010), 36% éprouvent de la "méfiance" et 1% seulement "du respect". Invités à décrire leur état d'esprit, les 1.800 personnes interrogées parlent de "morosité" (34%), de "lassitude" (31%). D'ailleurs, 72% estiment que les jeunes ont aujourd'hui moins de chances de réussir dans la société que leurs parents.
Chercheur au Cevipof, Pascal Perrineau, qui présentait l'étude à la presse, y a vu "une progression de la sinistrose", qui s'accompagne d'"une dégradation relative du vivre-ensemble", la fréquentation de personnes d'une autre nationalité inspirant une méfiance croissante affectant 37% de l'échantillon.
Autre traduction de ce que le politologue a qualifié de "forme de dépression collective", 60% affirment n'avoir confiance ni dans la droite, ni dans la gauche pour gouverner le pays, huit points de plus qu'un an plus tôt. De toute façon, pour 73% (63% fin 2011), "les notions de droite de gauche ne veulent plus rien dire".
Le désenchantement est criant à l'égard des responsables politiques. Pour 87% des personnes interrogées, ils se préoccupent peu ou pas du tout de leur avis, une progression qui semble inexorable depuis quatre ans (on était à 81% fin 2009).
Le maire inspire toujours confiance..
Seul le maire, dont la cote ne cesse de se redresser depuis 2010, inspire majoritairement confiance (61%). L'institution présidentielle (31%) et le gouvernement (25%) continuent de voir la confiance en eux s'éroder.
La cote de confiance des partis politiques (11%), des médias (23%) et des syndicats (28%) étant au plus bas, rien de surprenant à ce que 69% des sondés (15 points de plus qu'un an auparavant!) jugent que la démocratie française ne fonctionne pas bien. Malgré tout, 63% des Français pensent que voter aux élections est le moyen le plus efficace d'avoir prise sur les décisions, loin devant les manifs (32%) et la grève (23%).
Ce n'est donc pas un jeu de massacre. Ainsi encore, entre 67% et 79% des personnes interrogées font toujours confiance aux services de l'Etat (hôpitaux, armée, police, école, même si celle-ci perd six points en un an), devançant même les associations (65%).
.. Mais plus l'Europe
Mais le repli sur l'Hexagone est net. Ils ne sont plus que 35% à penser que l'appartenance de la France à l'Union européenne est "une bonne chose". Pour 32%, c'est "une mauvaise chose" et pour 32% encore, "une chose ni bonne ni mauvaise".
Autres symptômes de "durcissement", selon Pascal Perrineau, 67% pensent qu'"il y a trop d'immigrés en France", 18 points de plus qu'il y a quatre ans, tandis que 50% (+18 points là aussi) affirment qu'"il faudrait rétablir la peine de mort".
Rien d'étonnant, donc, à ce que le Front national représente l'opposition autant que l'UMP (36% chacun). Rien d'étonnant non plus à ce que Marine Le¨Pen (34%) talonne Nicolas Sarkozy (36%) pour ce qui est de la cote de confiance. François Hollande est à 20%, Jean-François Copé à 13%.
Au plan économique enfin, le libéralisme est plébiscité, le contraire d'il y a deux ans. Pour 59%, il faut faire confiance aux entreprises et leur donner plus de liberté.
L'enquête a été réalisée par internet du 25 novembre au 12 décembre 2013 auprès d'un échantillon de 1.803 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales.
Vos réactions
"Le libéralisme plébiscité, contrairement à il y a 2 ans". :/
Ca sent la girouette ou je ne m'y connais pas..
Les français sont des cons qui sont prêt à voter à vie pour une alternance de partis qui proposent exactement la même chose depuis des décennies. Ils ne sont pas fachés avec la politique, ils lui sont soumis, comme de bons chiens.
C'est rien de le dire , même ceux qui penchent à gauche trouvent que ce que fait le gouvernement n'est pas de gauche (en lui trouvant tout de même des circonstances atténuantes)
Et à ce que je lis partout , si il est un fait qu'il y a un dégout de la politique pour les français telle qu'elle est incarnée depuis ... j'étais pas né !
Pourtant les français sont de plus en plus politisés et ont de plus en plus un avis tranché.
Alors , la 6éme république en démocratie participative ?
On se décide quand ?
Non.... c'est vrai ??
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