Jérémie Patrier-Leitus
Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a poursuivi mardi en diffamation deux journaux pour des articles relatifs au choix de la banque Lazard par le gouvernement comme conseil pour la création de la Banque publique d'investissement (BPI).
Dans son édition du 30 août 2012, le Nouvel Observateur faisait le parallèle entre cette mission et le fait que Matthieu Pigasse ait nommé la journaliste Audrey Pulvar, à l'époque compagne d'Arnaud Montebourg, à la tête du magazine Les Inrockuptibles dont il est propriétaire à titre privé.
"S'il n'a pas encore réussi à s'imposer comme conseiller à l'Elysée, le banquier de 44 ans a en revanche su se mettre dans les petits papiers d'Arnaud Montebourg, qui ne jure que par cet homme +intelligent et créatif+. Et pour cause, il vient d'embaucher sa compagne Audrey Pulvar. L'arrivée de la journaliste à la tête des Inrockuptibles, l'hebdo de Pigasse, n'est pas passée inaperçue".
"Peu savent en revanche, que, parallèlement le banquier a obtenu... du même Arnaud Montebourg (et de Pierre Moscovici) un mandat de conseil pour la création de la future Banque publique d'investissement", écrivait la journaliste Odile Benyahia-Kouider.
Soulignant que le fait que M. Pigasse embauche Mme Pulvar le rapprochait des cercles du pouvoir, il était "normal d'éclairer ainsi le choix du banquier", a expliqué la journaliste à la barre du tribunal correctionnel de Paris, défendant le sérieux de son enquête. Il y avait selon elle un "conflit d'intérêt potentiel".
Poursuivie également pour un article accompagnant un démenti de M. Montebourg, Mme Benyahia-Kouider a revendiqué le "droit" de se démarquer de cette "forme de communication politique".
Décrivant son client comme "un homme qui ne transige pas avec la morale républicaine et avec la vertu", Me Christian Charrière-Bournazel estime que l'article impute au ministre du Redressement productif des faits de corruption passive, une "diffamation par insinuation".
Un avis partagé par le parquet.
Au passage, l'avocat a égratigné d'un coup de griffe le caractère "sexiste" de l'article: "si l'homme est un loup pour l'homme, la femme est une panthère pour la femme".
"Ce n'est pas parce M. Montebourg dément que le débat est clos", a lancé Me Didier Leick, avocat du Nouvel Obs. "Heureusement que la presse, récemment (...) ne s'est pas contentée de démentis", a-t-il plaidé en allusion à l'affaire Cahuzac.
Selon lui, "M. Montebourg déforme" la mise en perspective faite dans l'article. Celui-ci opère "un rapprochement entre deux faits". "On ne dénonce pas une infraction, on s'interroge sur un conflit d'intérêt", a plaidé Me Leick.
Délibéré le 4 février.
Le tribunal devait également examiner les poursuites lancées par le ministre contre un article de Libération.
Vos réactions
On est gâté
Il a du temps à perdre Arnaud
Et dire qu'il est ministre
Une plainte de plus
montebourg a certainement aidé pulvar en toute honnêteté!
le jour où vous me trouverez un ministre ou un élu socialiste honnêtes ,faites moi le savoir.
Un politicien tout court...
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