28/06/2013 10:05

Espionnage: Microsoft réclame à son tour plus de transparence

Microsoft a emboîté le pas à Google aux Etats-Unis pour obtenir la permission de publier plus d'informations sur les requêtes des services de renseignement sur ses utilisateurs après les révélations par l'ex-consultant Edward Snowden sur l'espionnage américain massif d'Internet dans le monde, a indiqué la justice américaine.

Une requête de Microsoft auprès de la Foreign intelligence surveillance court (Fisa), un tribunal spécial chargé des affaires de sécurité nationale, a été déposée le 19 juin, au lendemain d'une démarche similaire de Google qui souhaitait livrer des chiffres sur les demandes de renseignements sur ses utilisateurs par les divers services d'enquête américains, a annoncé mercredi soir la Fisa.

Les deux géants américains de l'informatique affirment qu'ils souhaitent rassurer leurs utilisateurs et clients à la suite des révélations de l'ex-consultant de l'Agence nationale de sécurité (NSA), Edward Snowden, sur la surveillance américaine massive dans le monde entier des communications téléphonique et par internet.

"Les médias ont indiqué par erreur que le programme en cause appelé Prism permettait au gouvernement américain +d'espionner directement les serveurs centraux+ de Microsoft et d'autres fournisseurs de communication électroniques", selon la requête de Microsoft citée par la Fisa.

"Microsoft a cherché et continue de chercher à corriger cette fausse impression (...) laissant croire qu'il fournit au gouvernement américain un accès direct à ses serveurs et ses réseaux".

Microsoft a demandé à la Fisa de lui accorder la permission de divulguer le nombre de requêtes qui lui sont adressées par les autorités considérées comme secrètes.

Google avait déjà demandé au gouvernement la permission de publier des informations sur ces requêtes qui lui sont faites au nom de la sécurité nationale, disant n'avoir "rien à cacher".

"Une plus grande transparence est nécessaire," a souligné un porte-parole de Google au moment du dépôt de la requête.

Google a indiqué qu'il cherchait à obtenir une décision de justice lui permettant de publier "des statistiques globales limitées" sur les ordres reçus par la société pour la transmission de données.

Les avocats de Google et Microsoft font valoir que les entreprises ont le droit, en vertu du Premier amendement de la Constitution américaine, de défendre leurs intérêts face aux programmes d'espionnage.

Google, Facebook et d'autres entreprises de technologie ont nié avec véhémence qu'ils ont sciemment participé au programme secret Prism, permettant à la NSA et au FBI de fouiller discrètement dans leurs serveurs.

Le programme aurait été mis en place en 2007 et s'est développé depuis pour devenir le contributeur le plus prolifique au "daily brief" de Barack Obama, le briefing top-secret sur le renseignement du président américain.

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