Fabrice Aidan
Le gouvernement se préoccupe du phénomène de l'addiction aux jeux d'argent et de hasard (JAH) qui touche 200.000 joueurs "excessifs", dans un secteur représentant plus de 32 milliards d'euros, dont 5 milliards ont été reversés dans le budget de l'Etat.
Valérie Fourneyron, ministre des Sports, et Bernard Cazeneuve, ministre du Budget, se rendent mardi à l'hôpital Marmottan à Paris pour visiter le Centre de soins et d'accompagnement des pratiques addictives qui prend en charge les patients souffrant de toutes sortes d'addiction, y compris celles au jeu.
Ces deux ministres entendent "exercer une vigilance particulière" sur l'addiction, un phénomène encore mal cerné en France, et "sont mobilisés pour promouvoir une pratique responsable qui protège les joueurs".
Selon les opérateurs de jeux, la France compterait près de 30 millions de joueurs habituels ou occasionnels, qui vont de ceux misant plusieurs centaines d'euros par semaine sur des paris sportifs ou hippiques en ligne à d'autres achetant une ou deux fois dans l'année un ticket d'Euro Millions à 2 euros.
Les dépenses des Français aux JAH (Loto, chevaux, casinos, paris sportifs, poker...) se sont élevées à 32,5 milliards d'euros en 2012, selon une enquête de l'AFP. Même si les Français ont sensiblement freiné - crise oblige - la croissance de leurs dépenses aux jeux d'argent en 2012, le total des sommes misées a quasiment doublé en dix ans, passant de 47,5 à 89 millions d'euros par jour.
La France loin derrière les Etats-Unis ou l'Australie
La seule étude sur l'addiction publiée en France en septembre 2011 révélait que 600.000 personnes, soit 1,3 % de la population, étaient touchées par ce problème de santé publique.
Menée en 2010 par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), cette étude dénombrait 400.000 personnes présentant un "risque modéré" et 200.000 joueurs "excessifs".
Par ailleurs, cette enquête faisait apparaître que les consommations d'alcool, de tabac et de cannabis "les plus à risque ou les plus intensives" sont davantage retrouvées chez les joueurs "excessifs" que parmi l'ensemble des joueurs ou la population générale.
Mais, pour autant, relevaient les auteurs de l'étude, avec une prévalence totale de 1,3 % pour le jeu "problématique", la France se situait loin derrière les Etats-Unis ou l'Australie (autour de 5%) et légèrement derrière l'Italie, le Canada, la Belgique et la Grande-Bretagne (alentours de 2 %).
Mais cette étude OFDT/Inpes avait été menée avant l'ouverture du marché des jeux (paris sportifs et hippiques et poker) en ligne en juin 2010. Depuis l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a publié en avril 2013 une série de 33 recommandations pour renforcer le dispositif de lutte contre le jeu "excessif ou pathologique".
Dans ce rapport remis au gouvernement, l'Arjel propose notamment de mesurer l'importance et les évolutions de la pathologie de l'addiction et l'efficacité des dispositifs de prévention.
Vos réactions
Euh ... Il a pas plus important que ça à cogiter, le gouvernement ?
Pour répondre a ceux qui parlent du chomage etc, oui mais si on s'occupe pas du reste on se retrouvera avec un pays riche mais socialement mort.
C'est super que vous n'ayez aucun problème nécessitant ce genre de soutien mais c'est pas le cas de tous le monde. Si vous souciez de votre pays, souciez vous aussi des gens qui y vivent...
Est il va être préoccupé par le chômage quand ?
slt ! oui il y en a un certains nombres addict au pole emploi malheureusement ;)
sous prétexte de l'addiction les gouvernements augmentent le tabac et l'alcool. bientôt les jeux d'argent seront limités voir controlés afin qu'il n'y ait plus de gros gagnant. La France reste bien un pays d'assistanat, comme si l'individu ne pouvait pas régler ses soucis d'addiction sans l'aide de l'Etat.
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