29/03/2013 10:29

Justice: Un jeune acteur libérien réclame 25 millions de dollars à l'Unicef!

Un jeune acteur libérien a annoncé jeudi qu'il poursuivait en justice l'Unicef, organisation onusienne à laquelle il réclame 25 millions de dollars pour l'avoir présenté dans un film comme un enfant soldat de 13 ans débauché, tuant et mutilant ses victimes.
Mike James, aujourd'hui âgé de 28 ans, estime que lui et les autres acteurs du film ont été "stigmatisés comme rebelles, tueurs, cannibales et drogués" dans "Enfant soldat", un docufiction sorti en 1997.
Dans une plainte devant la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao), il indique avoir reçu 300 dollars d'une équipe danoise envoyée par l'Unicef pour produire ce film sensé être à diffusion restreinte mais largement diffusé dans le monde.
Cette juridiction tranche les litiges entre ses pays membres mais traite également de la violation des droits de l'Homme.
La représentation de l'Unicef au Liberia a "aidé et collaboré avec l'équipe danoise au recrutement des jeunes acteurs dans les écoles et orphelinats", dit Mike James dans la plainte.
Le producteur leur avait assuré que le film devait être uniquement vu par de potentiels donateurs, mais des copies ont été distribuées en Afrique et ailleurs dans le monde, projetées dans des salles de cinéma, des vidéo-clubs et à la télévision, a déclaré Me Syrenus Cephas, avocat de Mike James.
"Le plaignant et les autres acteurs ont été facilement reconnus et stigmatisés comme rebelles, tueurs, cannibales et drogués et prostitués", indique la plainte.
"Cette stigmatisation est d'autant plus préjudiciable pour lui qu'on l'a non seulement montré en train de +tuer+ son propre frère dans le film, mais que les producteurs l'ont persuadé d'utiliser son nom réel et non un pseudonyme", ajoute la même plainte.
Le film de quatre minutes est vendu à 100 ou 200 dollars, selon le site de l'Unicef qui n'était pas joignable jeudi pour commenter ces accusations.
Joint aux Etats-Unis où il vit désormais, Mike James dit avoir été choqué d'apprendre que la copie du film se vendait à 200 dollars.
"Je n'ai pas reçu un centime des millions (de dollars) que l'Unicef a engrangé de la vente de ce film qui a détruit ma vie", dit-il.
La guerre civile au Liberia, au cours de laquelle de nombreux enfants-soldats ont été enrôlés par des milices, a fait 250.000 morts de 1989 à 2003.

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