Hezbollah
Par Laurent HOUSSAY
L'appel à une "journée sans journaux" lancé par la Filpac-CGT, finalement peu suivi en région, s'est surtout traduit par l'absence en kiosques des quotidiens nationaux et risque de modifier le rapport de force patronat-syndicat dans une presse en crise.
Le mouvement a été lancé au lendemain de l'échec d'une fusion entre les groupe Hersant Média et Rossel, et alors que le syndicat craint une vague de suppressions d'emplois dans le secteur de la presse, bousculé par le numérique.
La Filpac (Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication CGT) a été accusée par les deux groupes d'avoir fait échouer l'opération de rapprochement.
Pour Marc Peyrade, secrétaire général de la Filpac, "on a donné à la Filpac un pouvoir de vie et de mort sur une opération capitalistique, il n'en est rien", et de rappeler que la fédération souhaite une négociation au niveau national ou avec la direction des grands groupes et titres par titres, comme le souhaite le patronat.
La Filpac dénonce "la casse sociale en marche" et a listé les centaines de licenciements envisagé dans la presse. Elle réclame un moratoire sur les suppressions de postes et un débat national, tandis que le patronat défend l'idée d'une négociation entreprise par entreprise.
Le Syndicat de la Presse quotidienne régionale (SPQR) répond que "La négociation dans chaque entreprise concernée est le moyen privilégié de parvenir aux nécessaires solutions avant qu'il ne soit trop tard", ajoutant que "c'est l'existence même des entreprises de presse et de l'information dans notre démocratie qui sont en jeu".
"On ne voit pas pourquoi les dizaines de millions d'euros d'aides à la presse sont versées par l'Etat au niveau des groupes de presse et des associations de journaux et que les questions de négociations ne peuvent pas se faire à ces niveaux", souligne Marc Peyrade.
Pour les lecteurs de l'Hexagone, Le Figaro, Aujourd'hui en France (Le Parisien) et Libération ne sont pas sortis. Libération demeurait payant sur le web, tandis que les deux autres titres y sont en accès gratuit.
Sur les 34 titres régionaux, seuls sept ne sont pas sortis du tout, plusieurs ont vu leur sortie perturbée et deux ont modifié leurs éditions: Ouest-France, dont les 2/3 des exemplaires sont sortis des presses avec des versions modifiées, et la Dépêche à Toulouse qui a regroupé des éditions également.
Parmi les sept quotidiens totalement absents, on relève notamment Le Parisien (groupe Amaury), Paris Normandie (en redressement judicaire), Sud Ouest (groupe Sud Ouest, L'Union (Hersant Media). Les titre départementaux étaient en revanche plus touchés.
Après la parution des quatre cinquièmes des quotidiens régionaux, le mouvement est considéré par plusieurs patrons de presse comme un désaveu pour la Filpac-CGT pourtant fortement implantée dans la presse régionale.
L'appel à la grève lancé par la Filpac-CGT a été vivement critiqué par les patrons de presse. La SPQR a condamné une "attitude intransigeante, destructrice de valeur pour les entreprises et à terme pour l'emploi". Quant aux patrons de quotidiens nationaux, ils considèrent qu'il s'agit d'une "prise d'otage" de l'ensemble de la presse quotidienne nationale.
La Filpac-CGT devait tenir meeting jeudi après-midi à Reims, siège du quotidien l'Union, un des titres d'Hersant Média les plus concernés par les projets de restructuration.
Vos réactions
Etant donné la désinformation croissante c'est un mal pour un bien
Comment ça Libé et Le Parisien ne sont pas sorti ? Vous êtes sur, j'ai lu quoi moi ce matin mdr !
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