Le site internet Rue 89, affirme qu'un article a été censuré dans le quotidien Matin Plus à la demande de son propriétaire Vincent Bolloré. A l'heure qu'il est, ni Matin Plus, ni Vincent Bolloré n'ont donné leur version de cette affaire.
Extrait de l'article de Rue 89
(...) Matin Plus a refusé de publier un article issu de Courrier International relatant les déboires de musiciens hongrois avec la police à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Motif: "On ne peut pas parler de la sorte de la police française!"
Une injonction qu'aurait intimée Vincent Bolloré en personne . (...)
Les syndicats de Courrier International, se sont fendus d'un communiqué pour faire part de leur indignation après "la censure par le gratuit Matin Plus d'un article fourni, en application d'un accord entre les publications, par la rédaction de Courrier International pour parution dans l'édition du vendredi 25 mai du quotidien Matin Plus".
L'intersyndicale demande à la direction de l'hebdomadaire et à celle du groupe Le Monde de "faire respecter la liberté d'expression et l'indépendance éditoriale, correspondant aux principes de la profession, du groupe et du titre."
L'article en question a été rédigé par un ancien consul hongrois à Paris, dans les colonnes du quotidien hongrois Magyar Hírlap. Traduit et édité par la rédaction de Courrier International, il a ensuite été publié sur le site de l’hebdomadaire, avant d’être envoyé pour publication à Matin Plus.
Or, vendredi 25 mai, jour de parution prévu, une publicité paraît en lieu et place de l’article. Les discussions reprennent entre les responsables de Courrier International et de Matin Plus, et une nouvelle date de parution est fixée: mardi 29 mai. En vain: l’article ne sort toujours pas.
"D’après ce que m’ont dit mes sources à l’intérieur du gratuit, il ne sera pas publié, précise Alexandre Lévy à Rue89. C’est Vincent Bolloré lui-même qui aurait pris cette décision. Les responsables du Monde et de Courrier International sont visiblement très gênés." Puis de se désoler: "Je suis vraiment très étonné, j’avais beaucoup de mal à imaginer cela."
Pour le journaliste de l'hebdomadaire, l'intérêt de ce papier est qu'on pose rarement des problèmes à ceux qui repartent dans leur pays.
La mésaventure du groupe Romengo -vainqueur de la Star Ac' hongroise-, commence au retour d’un concert à Sablé-sur-Sarthe, peu avant d’embarquer pour Budapest. "Les policiers trouvent l'un des étuis de guitare suspect, retiennent les musiciens, font attendre pendant des heures les autres passagers de l'avion. La fouille s'éternise, on passe à des interrogatoires laborieux, puis subitement les policiers disparaissent, sans donner plus d'explications. Lorsque les musiciens montent enfin dans l'avion, c'est le commandant de bord qui, d'autorité, leur interdit de prendre son vol. Les Roms passent la nuit à l'aéroport et ne repartent que le lendemain sur un autre vol vers Budapest, où ils ne manquent pas de raconter leurs péripéties à la presse.
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