De Jean Marc Morandini
En ce jeudi matin, il est important de faire un point, sur ce qui est devenu une véritable polémique nationale.
En lançant cette opération, il y a maintenant une semaine, je ne pensais pas déclencher un tel déferlement de réaction.
Mon souhait était néanmoins de faire prendre conscience, au plus grand nombre, qu’il existait une hypocrisie française consistant à laisser les sites étrangers publier les résultats de nos élections.
Quelle est cette logique qui veut que, pour apprendre le nom de son Président, un Français soit obligé d’aller consulter un site internet Belge ou Suisse, alors que nous, journalistes Français, avons les informations, mais sommes obligés de ne rien dire ?
Après un moment de flottement en début de semaine, la grande majorité des journalistes a admis qu’il existait un vrai problème. Du coup, eux-mêmes, ont remis en cause les règles qui leurs sont imposées.
Dans une lettre adressée au CSA, les SDJ de RTL, Europe 1, Radio France, France 2 et France 3 ont fait part hier de leurs "très vives interrogations, pour ne pas dire leur consternation, devant les règles imposées par le CSA aux médias audiovisuels depuis le 20 mars". Ces règles "nous empêchent d'effectuer un travail journalistique de choix, de hiérarchisation de l'information et de mise en perspective", ajoutent les signataires.
Le débat est ouvert, et c'était mon objectif principal.
Il n’y a rien de drôle à jouer le perturbateur. Vous l’avez constaté, on prend des coups, on est accusé de tous les maux.
Hier matin, je regardais sur LCI, le chroniqueur politique Pierre Luc Séguillon, droit dans ses bottes et le petit doigt sur la couture de son pantalon, me donner des leçons de morale « estimant que mon comportement n’était pas déontologique ». Si la déontologie consiste à être aux ordres, à ne pas penser, ne pas réfléchir, certes, alors, mon comportement n'est pas déontologique. Il faudrait néanmoins, qu'un jour, une bonne âme ose dire à Pierre Luc Séguillon que l'ORTF n'existe plus.
Mardi, je déclarais à l’AFP que je souhaitais que « les politiques prennent conscience que la loi électorale n'est plus adaptée et s'engagent à la modifier ».
Je le dis, une nouvelle fois. Si un tel engagement est pris, je ferai marche arrière, mon objectif n'étant pas de perturber la Présidentielle mais de faire avancer les choses. A ce jour, je n’ai rien entendu dans ce sens. En fonction de ce qui va se passer dans les prochains jours, je prendrai ma décision définitive dimanche à midi au plus tard et la mettrai en ligne immédiatement.
C’est ma conception de mon métier de journaliste. Je ne veux pas être un spectateur passif mais, à mon petit niveau, un acteur de la société.
Merci à tous pour votre soutien et votre mobilisation.
JMM
PS: Au passage, je souhaite remercier les rédactions dans lesquelles je travaille qui, même si elles ne sont pas forcément d'accord avec ma démarche, m'ont toujours laissé m'exprimer et travailler en toute liberté. Un privilège rare à signaler.
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