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Angleterre: "Not tonight", un Brexit cauchemardesque raconté en jeu vidéo se place dans le Top 10 des téléchargements

Un "God Save the Queen" aux airs de marche funèbre et des immigrés parqués dans des camps: "Not Tonight", jeu vidéo britannique sorti mi-août, dépeint une Angleterre post-Brexit désenchantée et xénophobe, qui traduit les inquiétudes de son auteur.

"J'ai l'impression que l'on fonce tout droit vers un précipice et que personne n'essaye de freiner. Ce jeu est une réponse à ce sentiment", explique Tim Constant, 40 ans, créateur de ce jeu indépendant, développé en 18 mois par une petite équipe de trois personnes.

On y incarne un videur ayant récemment perdu sa nationalité britannique, obligé d'enchaîner les petits boulots pour répondre aux demandes de plus en plus pressantes d'un gouvernement autoritaire dont la devise se résume à "Travaillez dur, ne cherchez pas les ennuis, et nous vous laisserons peut-être rester au Royaume-Uni".

Il s'agit de vérifier les identités des personnages du jeu via quelques glissements de souris, et de les autoriser, ou non, à entrer dans un bar ou une boîte de nuit, et plus tard dans le jeu, dans le pays.

Le jeu s'est placé dans le top 10 des meilleures ventes de la plate-forme de téléchargement Steam le week-end de sa sortie, et a reçu un accueil plutôt élogieux, avec une moyenne de revues "très positives" selon le barème du site.

Ce qui n'a pas empêché la multiplication des critiques dans les commentaires: "Beaucoup d'entre nous, joueurs, […] sommes fatigués de voir des programmes politiques s'introduire dans notre passe-temps favori", se plaint ainsi un joueur du nom de Drakhor. "Ce jeu m'intéresse mais je ne vais pas gâcher de l'argent pour de la propagande gauchiste", assène un autre, Progeria Pete.

En affichant d'emblée sa position europhile, le jeu perd sa capacité de surprendre et à cultiver le doute sur ses intentions.

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