12/01/2015 07:02

Enquête: Charlie, liberté et République sur les pancartes et slogans des manifestations d'hier à travers la France

Scandé, reproduit sur des pancartes, autocollants ou encore t-shirts, "je suis Charlie" a été le mot d'ordre de la marche républicaine de dimanche, entouré de reproductions de unes de l'hebdomadaire satirique, drapeaux, et autres déclarations d'amour à la liberté.

Ecrit en plusieurs langues, en noir et blanc ou sur un coeur rouge, ou même sur une reproduction de la Une du journal l'Aurore avec le célèbre "J'accuse" de Zola, "Je suis Charlie" était omniprésent dimanche, devenu le symbole de la lutte contre le terrorisme et pour la liberté. "Informer tue - soutien à Charlie Hebdo et aux victimes", "Je suis Charlie même pas peur", "J'essuie les larmes de Charlie", pouvait-on lire, aux côtés de photos des victimes.

Dans l'interminable cortège, résonnent des cris répétés de "Charlie" suivis de trois applaudissements rythmés. "Charlie berté, partout sur la planète", "Paris stand up for freedom" (en français "Paris se lève pour la liberté", ndlr), "faites l'humour pas la guerre", ont scandé les manifestants, perdus sous une marée de pancartes et crayons brandis ou plantés dans les chapeaux.

"Je suis Français et je n'ai pas peur", lance-t-on encore. Non loin, les pancartes affichent la "Liberté de penser, liberté de croire, liberté de vivre, liberté de rire", ou encore "Je suis flic, je suis juif, je suis la République", "La liberté se moque des trous de balle". La Marseillaise a elle aussi trouvé sa place dimanche, chantée et suivie d'applaudissements nourris.

Pour être fidèles à l'esprit de Charlie Hebdo, les participants avaient sorti leurs crayons.

Une jeune femme arbore un autocollant "Morts de rire" montrant un oeil recouvert d'une flaque de sang. Un autre a dessiné un crayon sur une feuille éclaboussée de sang au feutre rouge.

"Comme si mon prophète avait besoin de ce crétin", dit un croquis montrant un terroriste sur le point de faire exploser une bombe.

"Si tu dessines je te croque!" menace, sur une pancarte, un homme aux dents acérées et ensanglantées. Marianne, sur le dessin, sourit, une fleur dans une main, un crayon dans l'autre: "si tu déconnes, je te croque".

Une petite dizaine de manifestants portent à bout de bras un gigantesque crayon en carton, tandis qu'une Marianne géante et ensanglantée, conçue par le Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, survole la foule: "Allez Marianne! Liberté! On est avec toi!"

Pas d'amalgames, ont encore demandé les participants à ce rassemblement sans précédent. Des étudiants tiennent ainsi une grande banderole "Les jeunes pour la République, contre les amalgames".

"Pas d'amalgame svp", dit à haute voix une jeune femme avec cette affichette: "Je suis musulmane, Française et Marocaine", devant le siège de Charlie Hebdo au 10 rue Nicolas Appert.

"Pas d'amalgame", "Charlie, Charlie, Charliberté", scandait à l'arrivée ceux qui avaient pu atteindre la place de la Nation.

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