Jean-Pierre Escalettes
Par Michel MOUTOT
Abdelhakim Dekhar, identifié par les analyses ADN comme le tireur de Libération et placé en garde à vue mercredi soir, est un personnage complexe, mystérieux, figure de l'ultra-gauche française des années 90, qu'il affirmait avoir eu pour mission d'infiltrer.
Soupçonné d'être "le troisième homme" de l'affaire Florence Rey-Audry Maupin, une fusillade au cours de laquelle cinq personnes, trois policiers, un chauffeur de taxi et Maupin, ont été tuées en 1994, il avait été blanchi de l'accusation d'attaque à main armée mais condamné à quatre ans de prison pour "association de malfaiteurs".
Cette peine correspondant exactement au temps passé en détention préventive, il avait été libéré immédiatement après le procès, en octobre 1998, alors qu'il était âgé de 33 ans.
C'est lui qui avait acheté dans un grand magasin parisien, sous son nom et avec sa pièce d'identité, le fusil à pompe qui avait servi à Florence Rey et Audry Maupin pour attaquer la pré-fourrière de Pantin.
Avec ses cheveux courts et ses lunettes à la Malcom X, sous le pseudonyme de Toumi, c'était au-début des années 90 un habitué des squats fréquentés par la gauche radicale, souvent sous étroite surveillance policière.
Lors du procès au cours duquel Florence Rey a été condamnée à 20 ans de réclusion (elle a été libérée en 2009 après 15 ans de "détention exemplaire"), Abdelhakim Dekhar avait vainement tenté de persuader la cour qu'il était en fait un espion, un agent en mission de la Sûreté militaire algérienne, chargé d'infiltrer les milieux autonomes pour en débusquer d'éventuels intégristes.
Des témoins cités à l'audience l'ont décrit comme un chaperon, un mentor pour le couple Maupin-Rey, et l'ont accusé d'avoir mis à profit leur jeunesse et leur exaltation pour les manipuler.
"C'est un homme énigmatique, étrange", a confié mercredi soir son ancienne avocate, Me Emmanuelle Hauser-Phélizon.
"Je n'ai jamais très bien su qui il était. Il disait qu'il était agent des services français ou algériens. Il était très secret, ne se révélait pas." Son autre avocat de l'époque, Me Raphaël Constant, se souvient qu'il "disait avoir été piloté par son oncle, responsable des services secrets algériens".
"Il prétendait avoir reçu pour mission d'infiltrer l'ultra-gauche qui aurait eu des accointances avec les islamistes et le GIA algérien", ajoute-t-il.
A la suite du procès, il avait disparu, ses deux conseils n'avaient plus jamais entendu parler de lui.
Selon les premiers éléments de l'enquête il serait alors parti vivre à l'étranger, peut-être en Algérie. S
elon Manuel Valls, Abdelhakim Dekhar était "probablement parti à l'étranger" depuis plusieurs années et n'était pas dans les fichiers de police.
Vos réactions
il y a moins de politiciens pour défiler à la télè aujourd'hui que lors de l'agression de Libération.
pas mieux...merci...
La 2bouze va encore demander pourquoi on ne les aime pas.....
En suivant cette belle logique, quand on pense à des gens comme Fourniret, Chanal ou Heaulme, nous avons de quoi nous détester aussi en tant que "bons français"...
Bienvenue à Amalgame Land
Tous les gauchistes de tout poil, toute la presse bien pensante qui nous rabache les oreilles avec "le caucasien de 35 ans", tous les politicars qui se pourlaichaient les babines a l'idée du "facho du FN", tous ont la gueule de bois ce matin: pensez donc: le "caucasien" de 35 ans, qui devait etre un facho bien blanc au crane rasé est un mahgrebin , truand sans envergure qui avait deja trempé dans d'autres meurtres.
Surprise? pas pour tout le monde.
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