06/03/2013 09:49

La justice émet des restrictions à la diffusion sur Arte du documentaire "Hercule contre Hermès"

La justice, saisie par Patrick Guerrand-Hermès, l'un des héritiers de la maison de luxe Hermès, a émis des restrictions mardi à la diffusion du documentaire "Hercule contre Hermès", réalisé par Mohamed Ulad et programmé jeudi à 23H40 sur Arte. Interrogé, Arte a indiqué qu'elle maintenait "à ce stade" sa diffusion.

"Nous allons étudier le jugement avec le producteur et voir ce qu'on va faire", a-t-on précisé chez la chaîne publique franco-allemande. L'avocate du réalisateur, Me Isabelle Wekstein, a de son côté annoncé sa décision de faire appel de ce jugement "aberrant" qui constitue selon elle "une forme de censure du film, absolument pas fondée en droit", tout en doutant que cet appel puisse être examiné avant jeudi soir. Elle a jugé "impossible" d'apporter d'ici là les modifications requises par la justice.

M. Guerrand-Hermès avait assigné le réalisateur et la société de production Epiphène Films devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris, demandant que le film soit expurgé de nombreux passages avant sa diffusion sur Arte. Il invoquait notamment une atteinte au respect de sa vie privée et à l'image de ses biens. Le documentaire raconte dix années de litige juridique entre une famille de paysans, les El Mektiri, dont l'un des fils est surnommé Hercule, qui vivent aux abords d'une magnifique plage au sud de Tanger, et leur voisin, Patrick Guerrand-Hermès.

Selon le film, ce dernier a acheté parcelle après parcelle de terrain en vue d'un projet immobilier, mais n'est pas parvenu à convaincre la famille d'Hercule de lui vendre ses terres. La 17e chambre civile a estimé dans son jugement que "porte atteinte à la vie privée de Patrick Guerrand-Hermès la divulgation dans le film d'éléments permettant de localiser sa résidence aux environs de Tanger au Maroc, tant en raison des images de ses maisons, que des indications relatives au nom des villes et villages proches de cette résidence". "La localisation précise de sa résidence n'est pas justifiée par les besoins de la liberté d'expression et de création", a-t-elle ajouté.

Elle a en conséquence fait "interdiction" à la société de production et au réalisateur "de diffuser publiquement ces informations", mais n'a pas fait droit à ses autres demandes. M. Guerrand-Hermès estime pour sa part "être au centre d'une polémique artificiellement créée et amplifiée par la notoriété de son patronyme, trouvant sa source dans le film", relève le jugement. Il assure que "le terrain en cause n'appartient pas à la famille d'Hercule mais à lui-même, pour en avoir fait l'acquisition le 21 mai 2002".

Les juridictions marocaines ont selon lui ordonné par un jugement devenu définitif en 2009 l'expulsion de la famille. Pour le tribunal, le film en cause "est incontestablement militant" et "l'analyse qui est faite du litige est susceptible d'attirer l'animosité, voire la malveillance", à l'encontre de M. Guerrand-Hermès.

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Vos réactions

Portrait de bruno.13
7/mars/2013 - 00h15

Et à côté de cela, la diffusion d'un reportage sur Mehra semble tout à fait normale à certains....

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