22/10/2011 16:26

Les écoles de journalisme cherchent à s'ouvrir à la diversité sociale

Par Emmanuel DEFOULOY


Les écoles françaises de journalisme multiplient depuis quelques années les initiatives pour davantage s'ouvrir socialement, mais le chemin est long tant la sélectivité scolaire et sociale de ces écoles était forte au milieu des années 2000, indique une étude.

Préparations aux concours gratuites pour des étudiants modestes, changements de modalités de concours, réduction des frais de concours et d'inscriptions pour les étudiants boursiers, développement de l'apprentissage: de tels dispositifs ont fleuri depuis 2007 dans plusieurs écoles.

C'est qu'au milieu des années 2000, les conditions d'entrée dans les formations étaient très "sélectives scolairement et socialement", selon une étude des sociologues Géraud Lafarge et Dominique Marchetti publiée dans la revue "Actes de la recherche en sciences sociales" de septembre 2011.

"A l'instar de l'espace des étudiants des grandes écoles, le microcosme des écoles de journalisme reconnues se présente comme un univers de plus en plus fermé", ont-ils conclu à partir de questionnaires soumis en 2004-2005 à 328 élèves des 12 écoles alors reconnues.

"La forte montée du capital scolaire dans les conditions d'accès aux formations au journalisme les plus réputées accroît les processus de sélection sociale, comme en témoigne l'augmentation sensible de la part des enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures".

En effet, un tiers des étudiants de ces écoles sont alors passés par une classe préparatoire et un quart par un Institut détudes politiques (IEP), contre 3% et environ 0,35% de l'ensemble des étudiants du supérieur en 2005, ce qui "témoigne de laccumulation de capital scolaire préalable à l'intégration à ces formations, tout du moins les plus prestigieuses".

Dès lors, la sélection sociale est "relativement forte": 52,7% des étudiants ont des pères cadres ou membres de professions intellectuelles supérieures (contre 32% de l'ensemble des étudiants), alors que ces catégories ne représentent que 18,5% de la population active masculine française (en 2005). Seuls 10,4% ont des pères ouvriers et 5,8% des pères employés, alors que les ouvriers étaient 35,3% des hommes actifs en 2005 et les employés 12,8%.

"Je ne reconnais pas du tout le CFJ d'aujourd'hui dans cette étude, car les évolutions ont été très importantes", a réagi Christophe Deloire, le directeur du Centre de formation des journalistes (CFJ) à Paris. Par exemple, seuls cinq des 40 étudiants admis au concours 2011 sont passés par un IEP, "taux le plus bas" des dernières années.

Et le taux de boursiers parmi les admis est passé au cours des deux dernières années de 17% à 33%. "C'est l'accumulation des dispositifs" qui a permis cette évolution, selon M. Deloire: notamment les réductions des frais de concours et d'inscription pour les boursiers et deux modifications des modalités du concours, en particulier le transfert de l'épreuve d'anglais de l'écrit à l'oral.

Pour autant, parmi les admis de 2011, 21 étudiants sur 40 ont déclaré avoir un père cadre ou de profession intellectuelle supérieure, soit la majorité, un chiffre proche de l'étude globale de 2005. Pour les autres, cinq ont un père dans les professions intermédiaires, cinq employés, trois "artisans, commerçants ou chef d'entreprise", deux ouvriers, un retraité, deux "sans activité professionnelle". "Là où on a encore d'énormes progrès à faire, c'est sur la diversité intellectuelle", a ajouté M. Deloire, disant vouloir attirer "des scientifiques et des ingénieurs", très peu nombreux à se présenter au concours du CFJ.

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Vos réactions

Portrait de IGPN
22/octobre/2011 - 22h37

l'égalité réelle n'existe pas, donc il faut créer des "passes droits" à certains

Portrait de alglolipop
22/octobre/2011 - 17h34

c'est quoi la diversité sociale ? quelle connerie
les places sont réservées aux fils de ......et maintenant on va y ajouter la diversité!!!!!!! et les normaux auront rien

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