a69 Après quatre années de contestation écologiste et de batailles judiciaires, l'autoroute A69 reliant Toulouse à Castres a officiellement ouvert à la circulation ce matin. Les premiers automobilistes ont emprunté la nouvelle infrastructure peu après 10 h 45, dans un épais brouillard, à hauteur de Verfeil, en Haute-Garonne.
Longue de 53 kilomètres, cette liaison autoroutière doit permettre de réduire d'environ 20 à 25 minutes le temps de trajet entre la métropole toulousaine et le sud du Tarn. Mais son ouverture intervient dans un climat de polémique, notamment autour du tarif particulièrement élevé de son péage.
Les automobilistes devront débourser 20,40 euros pour effectuer un aller-retour complet entre Toulouse et Castres, l'un des tarifs les plus élevés de France. Un montant qui provoque la colère jusque parmi les défenseurs du projet, à commencer par le président socialiste du département du Tarn, Christophe Ramond.
« Comme les Tarnais, je me sens trahi ! », a dénoncé l'élu, estimant que ce prix ne correspondait pas aux engagements pris par l'État. La réduction tarifaire initialement envisagée a été compromise par un avis défavorable du Conseil d'État concernant un financement public destiné à diminuer les péages.
De son côté, le concessionnaire Atosca défend ses tarifs et prévoit une fréquentation d'environ 10 000 véhicules par jour une fois l'autoroute pleinement exploitée.
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a salué l'aboutissement d'un projet destiné à améliorer les déplacements et à soutenir l'activité économique du territoire
. L'A69 reste néanmoins l'un des projets routiers les plus controversés de ces dernières années, ses opposants dénonçant notamment la destruction d'espaces naturels et agricoles. En février 2025, le tribunal administratif de Toulouse avait provoqué l'arrêt du chantier en annulant les autorisations environnementales, avant que la justice n'autorise sa reprise quelques mois plus tard.
Le collectif La Voie est Libre, figure de proue de la contestation, dénonce aujourd'hui une mise en service sans inauguration officielle et une infrastructure qu'il juge écologiquement injustifiable. Pour ses partisans, cette ouverture marque au contraire l'aboutissement de près de trente années d'attente et la promesse d'un meilleur désenclavement économique du bassin castrais.
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