Ugo Bernalicis Les principaux groupes de presse norvégiens ont annoncé avoir saisi la justice pour empêcher Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, d'exploiter leurs contenus journalistiques sans autorisation.
À l'origine du conflit, de nouvelles conditions commerciales qui permettraient, selon les éditeurs, au géant américain de collecter automatiquement leurs articles, photographies et vidéos, y compris certains contenus réservés aux abonnés.
Parmi les plaignants figurent notamment l'audiovisuel public NRK, la chaîne TV 2, les groupes Schibsted, Amedia et Polaris, ainsi que l'agence de presse NTB. Réunis autour de leur organisation professionnelle, ces médias ont demandé au tribunal d'Oslo de suspendre provisoirement l'application des nouvelles règles, dans l'attente d'un examen de leur légalité.
« La crainte est que les entreprises utilisent ce pouvoir pour s'assurer des droits sur les contenus journalistiques », explique Lene Eltvik Vindfeld, présidente de l'Association norvégienne des entreprises de médias.
Selon elle, Meta pourrait ainsi utiliser les investissements des rédactions pour développer des services d'intelligence artificielle concurrençant directement les médias qui produisent ces informations.
« C'est à la fois inacceptable et cela fausse la concurrence », dénonce la responsable, qui estime que le groupe américain abuse de sa puissance sur le marché des réseaux sociaux.
Les nouvelles conditions, initialement prévues pour le 30 octobre, doivent désormais entrer en vigueur le 20 novembre, après un report annoncé par Meta face à la mobilisation internationale des éditeurs.
Le groupe de Mark Zuckerberg affirme que les propriétaires de sites pourront toujours utiliser le fichier technique « robots.txt » pour signaler leur opposition à certaines collectes automatisées.
Mais les médias norvégiens réclament des garanties contractuelles contraignantes, estimant que les assurances publiques du géant américain ne suffisent pas à protéger leurs droits.
« Nous ne pouvons pas accepter que Meta utilise notre journalisme pour construire des services qui menacent directement notre existence », avertit Guro Valland, rédactrice en chef du quotidien Bergensavisen.
Les éditeurs exigent également que toute utilisation de leurs productions pour entraîner une intelligence artificielle fasse l'objet d'un accord volontaire, assorti d'une rémunération négociée.
Ils demandent enfin que les médias refusant ces conditions ne soient pas pénalisés par une baisse de visibilité sur Facebook ou Instagram, devenus des canaux importants de diffusion de l'information.
Cette bataille dépasse les frontières norvégiennes : aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans l'Union européenne, plusieurs organisations professionnelles ont également contesté les nouvelles dispositions de Meta.
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Aujourd'hui meta pourrait reprendre tous les articles de ces journaux et les paraphraser avec l'IA de meta dans toutes les langues sans que ce soit protégé par le droit d'auteur de ces journaux ...
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