cancer La France affiche des « résultats peu satisfaisants » dans la lutte contre le cancer du sein et l’infertilité, selon un rapport présenté à l’Assemblée nationale, qui préconise « plus de prévention, des parcours de soins plus efficients, une attention particulière aux facteurs environnementaux, un effort accru de recherche ».
Chargées d’une mission sur la santé des femmes, les députées Sandrine Rousseau (écologiste) et Prisca Thévenot (Ensemble) ont choisi de se concentrer sur ces « deux enjeux de santé publique croissants », en raison du nombre de personnes concernées et de leurs conséquences sur leur quotidien.
Le rapport décrit le cancer du sein comme « une urgence sanitaire », estimant que « la France fait figure de triste exception », avec une incidence au deuxième rang mondial et une mortalité supérieure aux moyennes mondiale et européenne, « malgré les efforts de dépistage ». Les élues soulignent également le coût croissant pour la Sécurité sociale et les dépenses restant à la charge des patientes, susceptibles de conduire certaines à renoncer aux soins.
Concernant l’infertilité, qualifiée de « phénomène massif et silencieux », les rapporteuses reconnaissent que la procréation médicalement assistée a « ouvert des perspectives considérables », tout en rappelant les limites des parcours : « ces traitements sont lourds, leur taux de réussite diminue avec l’âge de la femme, et 10% des couples restent infertiles après deux ans de tentatives ».
Dans les deux domaines, elles jugent nécessaire de renforcer considérablement l’information, la prévention, la formation des soignants, l’accompagnement et la recherche, tout en réduisant les inégalités sociales et territoriales. Elles dénoncent aussi des « pertes de chance » liées à des « biais de genre » et demandent une meilleure prise en compte des « spécificités biologiques et physiopathologiques des femmes ».
La mission appelle par ailleurs à faire de la santé environnementale et de la réduction de l’exposition aux polluants chimiques « une priorité des politiques publiques », évoquant notamment les perturbateurs endocriniens, « présents dans les plastiques, les cosmétiques et les pesticides », suspectés d’interférer avec les fonctions hormonales et de contribuer au cancer du sein comme à la diminution de la fertilité.
Pour améliorer la prise en charge du cancer du sein, le rapport recommande de développer les centres de dépistage et les mammobiles, de renforcer l’offre publique de reconstruction mammaire et de faciliter l’accès au soutien psychologique et aux soins de support, avec une attention particulière aux femmes jeunes.
En matière d’infertilité, les députées proposent notamment d’autoriser les centres privés à pratiquer l’autoconservation d’ovocytes, de créer des banques régionales de stockage des gamètes et de permettre, sous certaines conditions, un diagnostic préimplantatoire avant une PMA.
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