Ugo Bernalicis Les Français pourraient bientôt ne recevoir en pharmacie que le nombre exact de comprimés prescrits par leur médecin, plutôt que des boîtes contenant des médicaments supplémentaires.
Hier, les députés de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale ont adopté un amendement en ce sens, dans le cadre de l’examen du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027. L’objectif est double : réduire le gaspillage de médicaments et limiter les dépenses de l’Assurance maladie, en évitant de rembourser des traitements qui ne seront pas intégralement utilisés.
« Lorsqu’un traitement nécessite dix-huit comprimés, l’Assurance maladie n’a pas vocation à financer vingt ou trente comprimés au seul motif que le laboratoire a choisi cette taille de boîte », défend le député Renaissance Guillaume Kasbarian, à l’origine de l’amendement.
Concrètement, les pharmaciens pourraient être tenus de délivrer uniquement la quantité correspondant à l’ordonnance, pour une liste de médicaments qui serait déterminée ultérieurement par décret.
Cette pratique, appelée « dispensation à l’unité », existe déjà en France pour certains traitements, notamment des antibiotiques, mais son application demeure limitée. La proposition a reçu un soutien transpartisan, réunissant notamment Agnès Pannier-Runacher (Renaissance), Damien Maudet (La France insoumise) et Christophe Bentz (Rassemblement national).
« Il y a des alliances parfois étonnantes », a ironisé le rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, Thibault Bazin (Les Républicains), qui s’est toutefois opposé à l’amendement. « Oui, il faut avancer sur ce sujet, mais il y a une différence entre l’idée et la mise en œuvre », a-t-il averti, soulignant les difficultés pratiques que rencontreront les professionnels.
Le dispositif nécessiterait notamment d’adapter les logiciels des pharmacies, les emballages, les étiquettes et les modalités de rémunération des officines. La délivrance à l’unité soulève également des questions de traçabilité, de conservation des médicaments et d’information des patients, indispensables pour garantir la sécurité des traitements.
Mais la mesure est encore loin d’être définitivement adoptée : dès mardi prochain, les députés examineront le budget de la Sécurité sociale en séance publique en repartant du texte initial du gouvernement.
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