sécheresse Les canicules, la sécheresse et les incendies qui ont frappé la France cet été auraient coûté environ 16 milliards d’euros au pays, selon une mission de la commission des finances de l’Assemblée nationale.
Présentées par le député Éric Coquerel, ses conclusions dressent une première estimation des conséquences économiques d’un été marqué par des épisodes climatiques exceptionnels. Les fortes températures et la sécheresse auraient d’abord amputé la croissance française d’environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros, selon les évaluations de l’Insee et du Trésor.
À cette perte d’activité s’ajouteraient au moins 2,5 milliards d’euros de dépenses publiques imprévues engagées pour répondre aux conséquences de la chaleur, de la sécheresse et des incendies. Parmi elles figurent environ 1,3 milliard d’euros d’aides aux agriculteurs, près de 700 millions liés à la santé et au moins 300 millions consacrés aux conséquences des feux.
La facture sanitaire comprend notamment les dépenses supplémentaires de l’Assurance maladie, des hôpitaux, des Ehpad et d’autres établissements médico-sociaux. Les ménages ont également subi les conséquences de cet été extrême, avec jusqu’à 800 millions d’euros de dépenses supplémentaires d’électricité liées notamment à l’utilisation accrue des ventilateurs et climatiseurs.
Les incendies auraient de leur côté occasionné au moins 500 millions d’euros de dommages assurés. Mais l’agriculture concentre de très loin la plus grosse partie de la facture, les organisations professionnelles évaluant les pertes du secteur à environ 10 milliards d’euros. Une fois les aides publiques déduites, la mission retient environ 8,7 milliards d’euros de pertes agricoles, même si elle souligne les incertitudes entourant ce chiffrage.
Le total de 16 milliards doit donc être considéré avec prudence : les parlementaires reconnaissent que l’addition de coûts de nature différente peut entraîner des doubles comptes. Cette estimation dépasse néanmoins celle avancée cet été par la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, qui évaluait alors les coûts directs et indirects entre 10 et 15 milliards d’euros.
À l’échelle européenne, l’été 2026 a également été exceptionnel, l’Europe occidentale ayant connu son été le plus chaud jamais enregistré, avec une température moyenne supérieure de 2,5 °C à la normale 1991-2020. La mission estime désormais que plusieurs milliards d’euros supplémentaires devront être consacrés chaque année à l’adaptation, notamment des écoles, des logements, des exploitations agricoles et des infrastructures.
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