céline pigalle
Le poète et éditeur Jean Orizet, cofondateur de la revue Poésie 1 et des éditions du Cherche Midi, est mort à l’âge de 89 ans, a annoncé son épouse Isabelle Orizet à l’AFP.
Né le 5 mars 1937 à Saint-Henry, près de Marseille, il avait notamment étudié à Mâcon, aux États-Unis, à Madrid, à Genève puis à Sciences Po, avant de publier ses premiers recueils au début des années 1960.
Proche de Claude Erignac depuis leur jeunesse, il lui avait consacré en 2003 Lettre à Claude Erignac, l’ami assassiné, cinq ans après l’assassinat du préfet de Corse à Ajaccio.
En 1969, Jean Orizet avait participé avec Michel et Jean Breton à la création de Poésie 1, une revue accessible vendue un franc et dont les premiers numéros furent tirés à 20 000 exemplaires.
Six ans plus tard, il fondait avec Philippe Héraclès les éditions du Cherche Midi, maison qu’il dirigera pendant trente ans, jusqu’à sa cession à Editis en 2005.
Il y publiera notamment plusieurs anthologies populaires, parmi lesquelles Les Cent plus beaux poèmes de la langue française, ouvrage qui contribuera largement à faire connaître son travail auprès du grand public.
Défenseur constant de la poésie, il présida également la fondation Raymond Devos et tint, entre 1984 et 1994, la chronique consacrée à la poésie du Figaro Magazine.
« La poésie demeure l’expression du langage porté à son plus haut degré d’incandescence », avait-il déclaré, selon une citation reprise par son épouse dans le communiqué annonçant sa disparition.
Il résumait également sa conception de cet art par cette formule : « Pourquoi écrire et lire de la poésie ? Pour vivre mieux et plus haut ».
Auteur de plus d’une trentaine de volumes de poésie et de prose, traduits dans une vingtaine de langues, Jean Orizet avait puisé une grande partie de son inspiration dans ses nombreux voyages à travers le monde.
Son œuvre, marquée notamment par Le Voyageur absent, La Poussière d’Adam ou Histoire de l’entretemps, explorait cette relation entre le voyage, le temps et la présence au monde.
La Société des gens de lettres, qui lui avait décerné un prix en 2009, soulignait que « le rôle du poète est de témoigner, ici et maintenant ».
Membre notamment de l’académie Mallarmé et de l’Académie européenne de poésie, Jean Orizet avait reçu de nombreuses distinctions, dont les prix Max Jacob et Apollinaire ainsi que le Grand Prix de poésie de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
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