carcassonne Face à une pénurie persistante d’organes, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) appelle la France à revoir en profondeur son organisation des prélèvements et des greffes.
En 2025, 6.148 transplantations ont été réalisées dans le pays, un record historique, mais les besoins progressent beaucoup plus rapidement. Au 1er janvier 2026, 23.294 patients étaient inscrits sur la liste nationale d’attente, soit une hausse de 50 % par rapport à 2017.
Dans le même temps, 966 personnes sont mortes en 2025 alors qu’elles attendaient un organe, contre 590 huit ans auparavant. Pour réduire cet écart, le CCNE préconise notamment de renforcer les équipes hospitalières chargées d’identifier les donneurs potentiels et de développer les réseaux territoriaux de prélèvement.
Il souhaite également accélérer les prélèvements après arrêt circulatoire contrôlé et mieux recenser les donneurs potentiels dans les établissements de santé. Autre piste : développer davantage les greffes de rein provenant de donneurs vivants, qui restent moins fréquentes en France que dans plusieurs pays étrangers.
Le Comité propose même d’autoriser le « don non dirigé », permettant à une personne de donner anonymement un rein à un patient qu’elle ne connaît pas, et de faciliter les chaînes de dons croisés. Il recommande parallèlement de mieux informer la population, alors que le taux d’opposition au prélèvement a atteint 37,1 % en 2025.
Mais l’avis ouvre surtout une voie jusqu’ici très sensible en France : celle de la recherche sur les xénogreffes, c’est-à-dire la transplantation chez l’être humain d’organes provenant d'animaux. Les recherches internationales se concentrent notamment sur des reins et des cœurs de porcs génétiquement modifiés afin de réduire le risque de rejet par le système immunitaire humain.
Les États-Unis ont déjà franchi plusieurs étapes expérimentales et autorisé des essais cliniques, tandis que des transplantations expérimentales ont également été réalisées en Chine.
Le CCNE estime que la France doit pouvoir participer à ces recherches, mais réclame un encadrement scientifique, sanitaire et éthique particulièrement strict ainsi qu’un débat public. Il insiste surtout sur le fait que la xénogreffe ne doit jamais remplacer le don humain, mais constituer éventuellement une solution complémentaire pour certains patients sans autre possibilité thérapeutique ou dans l’attente d’un greffon.
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