gabriel attal Le Conseil de l’Europe tire la sonnette d’alarme sur la situation des personnes âgées accueillies dans les EHPAD français, pointant des difficultés qui menacent leurs conditions de vie et leurs droits fondamentaux.
Après une visite effectuée en France en juin, son commissaire aux droits de l’homme, Michael O’Flaherty, a adressé une lettre au gouvernement dans laquelle il réclame des améliorations « systémiques » du modèle français.
Au premier rang de ses préoccupations figure le manque de moyens humains et financiers, jugés largement insuffisants par les différents acteurs rencontrés. Le sous-effectif chronique et la forte rotation des personnels contribuent, selon lui, à dégrader à la fois les conditions de travail des professionnels et la qualité de vie des résidents.
Le commissaire s’inquiète également de la vétusté de certains établissements, de locaux parfois trop exigus et d'infrastructures encore mal adaptées aux conséquences du changement climatique. Il appelle la France à améliorer le nombre de professionnels par résident et à dégager davantage de moyens pour recruter, former et fidéliser les personnels.
Le Conseil de l’Europe souhaite également des inspections plus fréquentes et davantage de contrôles inopinés, avec une attention particulière portée au respect des droits humains.
Plus de quatre ans après le scandale Orpea, l’institution estime ainsi que la dignité, l’autonomie et la participation des personnes âgées doivent devenir des éléments centraux de la politique menée dans les établissements.
Michael O’Flaherty insiste aussi sur la nécessité de lutter contre l’âgisme et de mieux associer les résidents aux décisions qui concernent directement leur quotidien.
Dans sa réponse, la ministre chargée de l’Autonomie, Camille Galliard-Minier, reconnaît que « les difficultés qui demeurent sont nombreuses » et qu’elles ne pourront pas être réglées en quelques mois. La France compte près de 7 500 EHPAD représentant plus de 600 000 places d’hébergement, dans un contexte de vieillissement accéléré de la population.
Le gouvernement rappelle avoir consacré depuis le Ségur de la santé près de quatre milliards d’euros aux revalorisations salariales du secteur et plus de deux milliards aux investissements. Il affiche également l’objectif de permettre le recrutement de 50 000 professionnels supplémentaires d’ici 2030 et souligne que tous les EHPAD ont fait l’objet d’un contrôle entre 2022 et 2024.
Ces efforts restent toutefois jugés insuffisants par plusieurs représentants du secteur, qui réclament depuis des années une véritable programmation financière consacrée au grand âge.
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