17 octobre L’Australie veut durcir encore son arsenal contre les géants du numérique afin de mieux protéger les mineurs des dangers des réseaux sociaux. Le Premier ministre Anthony Albanese a présenté un nouveau projet de loi instaurant un véritable « devoir de protection » à la charge des plateformes.
Les entreprises technologiques devront prendre des mesures pour empêcher l’exposition des moins de 18 ans à certains contenus considérés comme particulièrement préjudiciables. Sont notamment visés la pornographie, le harcèlement en ligne, les contenus encourageant les troubles alimentaires ou encore ceux glorifiant la criminalité.
Les plateformes qui ne respecteraient pas leurs nouvelles obligations pourraient se voir infliger une amende maximale de 109,2 millions de dollars australiens, soit environ 67,5 millions d’euros. « Nous ne laisserons plus les enfants australiens être traités comme des marchandises plutôt que comme des enfants », a lancé Anthony Albanese en présentant la réforme.
Le texte entend également s’attaquer aux algorithmes de recommandation, régulièrement accusés de favoriser l’addiction et d’amplifier la diffusion de contenus nocifs. Les utilisateurs devront ainsi pouvoir désactiver les recommandations algorithmiques et choisir de consulter principalement les publications des comptes qu’ils ont eux-mêmes décidé de suivre.
Baptisé « My Feed, My Way », ce dispositif doit permettre aux internautes de reprendre davantage le contrôle sur les contenus apparaissant dans leurs fils d’actualité. Le régulateur australien de la sécurité en ligne, eSafety, devrait parallèlement bénéficier de pouvoirs renforcés pour contrôler les pratiques des plateformes et faire retirer certains contenus.
Cette nouvelle offensive intervient alors que l’Australie a déjà interdit, depuis décembre 2025, la détention de comptes sur les principaux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Le gouvernement affirme que plus de cinq millions de comptes de mineurs ont depuis été supprimés, désactivés ou restreints, même si l’efficacité réelle du dispositif continue de faire débat.
Canberra assume ainsi une position particulièrement offensive face aux grandes entreprises technologiques et espère inspirer d’autres gouvernements confrontés aux mêmes préoccupations. La France, le Royaume-Uni et plusieurs autres pays réfléchissent eux aussi à renforcer les restrictions imposées aux plateformes pour protéger les enfants et les adolescents.
Le projet australien doit désormais être soumis à une consultation avant son introduction au Parlement d’ici la fin de l’année, où son contenu devrait susciter d’importants débats sur la protection des mineurs, la liberté d’expression et le pouvoir des géants du numérique.
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