Damien Thévenot Les buralistes français ont lancé hier une semaine de mobilisation nationale pour dénoncer la hausse continue de la fiscalité sur le tabac. Du 7 au 11 septembre, des rassemblements sont organisés dans six villes afin d’interpeller le gouvernement à l’approche des débats sur les budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027.
La Confédération des buralistes, qui représente un réseau de 22.500 commerces, réclame en priorité un gel durable de la fiscalité sur les produits du tabac. Elle demande également la suppression de l’indexation automatique des prix sur l’inflation, mécanisme introduit dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2023.
Sans changement, les professionnels redoutent une nouvelle augmentation du prix des cigarettes dès le 1er janvier prochain. En Occitanie, certains buralistes craignent notamment de voir le prix d’un paquet actuellement vendu 13,50 euros grimper jusqu’à 14,50 euros début 2027.
La profession estime que ces augmentations successives poussent une partie des consommateurs vers les achats transfrontaliers et le marché clandestin. Dans le Sud-Ouest, la proximité de l’Espagne et surtout de l’Andorre, où les cigarettes sont nettement moins chères, cristallise particulièrement les inquiétudes.
Selon Frédéric Pailhé, président des buralistes d’Occitanie, le développement du marché parallèle entraînerait une perte de recettes de 30 % pour la profession et de cinq milliards d’euros pour l’État. Les ventes officielles de cigarettes, tabac à rouler et cigares-cigarillos ont encore reculé d’environ 4,6 % à 5,2 % entre juillet 2025 et juillet 2026.
Face à cette évolution, de nombreux commerces ont accéléré leur diversification en proposant colis, presse, services bancaires, alimentation ou encore restauration. La mobilisation a débuté lundi à Muret, près de Toulouse, où près de 400 professionnels du Grand Sud-Ouest se sont réunis, ainsi qu’à Redon, en Bretagne.
Elle se poursuit ce mardi à Givors, dans le Rhône, et à Saverne, dans le Bas-Rhin, avant un rassemblement mercredi à Salon-de-Provence. La Confédération veut notamment attirer l’attention sur la situation des bureaux de tabac implantés dans les villes moyennes, les zones rurales et les communes frontalières.
Le point d’orgue est prévu vendredi 11 septembre à Vernon, dans l’Eure, ville dont le Premier ministre Sébastien Lecornu est premier adjoint au maire, afin d’obtenir des engagements avant les arbitrages budgétaires.
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