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La présidente de Radio France confirme pour la première fois avoir choisi d'écarter de France Inter le journaliste Thomas Legrand après les accusations de collusion avec des responsables socialistes

La présidente de Radio France confirme pour la première fois avoir choisi d'écarter de France Inter le journaliste Thomas Legrand "afin de lutter contre le sentiment inacceptable d'une collusion entre journalistes et politiques", dans un entretien au Monde. Thomas Legrand avait été accusé il y a un an de connivence avec le Parti socialiste, après la diffusion d'une vidéo filmée à son insu, déclenchant une vaste polémique sur l'impartialité de l'audiovisuel public.

"Dans la vidéo publiée, on entend Thomas Legrand se targuer devant des responsables politiques de pouvoir inviter untel ou untel sur la station, comme s'il y faisait la pluie et le beau temps", a souligné Sibyle Veil dans le quotidien.

"C'est faux et cela donne le sentiment inacceptable d'une collusion entre journalistes et politiques dont les Français ne veulent plus", a-t-elle poursuivi.

Le journaliste a de son côté dénoncé son "invisibilisation totale et durable de l'antenne" dans une tribune au Monde fin août, se disant victime d'"une campagne extérieure, mensongère et manipulatrice".

"La présidence de Radio France me semble trop poreuse à ces pressions extérieures", a-t-il aussi déclaré au magazine Télérama. "Thomas Legrand se fait le martyr de l'indépendance de l'audiovisuel public", a répondu Sibyle Veil jeudi. "La vraie indépendance, c'est l'assurance pour les Français que personne, ni un pouvoir ni un journaliste ni un dirigeant, ne dispose des antennes publiques comme d'un bien propre", a-t-elle ajouté.

"Cela explique que nous ne souhaitons pas son retour dans un rendez-vous régulier sur France Inter", a conclu la dirigeante.

En septembre 2025, M. Legrand et un autre journaliste de l'audiovisuel public, Patrick Cohen, avaient été filmés dans un restaurant avec deux responsables du PS.

Diffusée par le magazine L'Incorrect, la vidéo avait nourri les accusations de connivence de l'audiovisuel public avec la gauche.

Cette affaire avait entraîné l'ouverture d'une commission d'enquête de l'Assemblée nationale, où France Télévisions et Radio France ont été vivement critiquées par son rapporteur, Charles Alloncle, député UDR.

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