peptides La France veut s’attaquer au gaspillage des médicaments en étudiant la possibilité d’allonger la durée de conservation de certains produits actuellement détruits alors qu’ils pourraient encore être utilisables.
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a donné le coup d’envoi opérationnel de son projet baptisé « Longue vie aux médicaments », mené avec des laboratoires pharmaceutiques volontaires.
Aujourd’hui, la majorité des médicaments autorisés en France disposent d’une durée de conservation comprise entre deux et trois ans, tandis que moins de 10 % atteignent cinq ans.
Ces dates sont proposées par les fabricants à partir d’études de stabilité puis validées par les autorités sanitaires, selon des normes également appliquées en Europe et aux États-Unis.
Le projet vise donc à déterminer si certaines spécialités restent suffisamment stables, efficaces et sûres pour que leur date de péremption puisse être repoussée. Les industriels participants devront fournir de nouvelles données scientifiques permettant de justifier une modification de l’autorisation de mise sur le marché de leurs médicaments.
L’objectif n’est ainsi pas de permettre aux patients de consommer automatiquement des boîtes périmées, mais de modifier officiellement leur durée de conservation lorsqu’elle peut être scientifiquement prolongée. L’ANSM souligne que les durées actuellement relativement courtes conduisent chaque année à la destruction inutile de milliers de boîtes.
L’enjeu est à la fois économique et environnemental, puisque la fabrication, le transport puis l’élimination de médicaments inutilisés mobilisent des ressources et génèrent des déchets. La mesure pourrait également contribuer à sécuriser les stocks et à limiter certaines tensions d’approvisionnement, un enjeu devenu majeur après plusieurs épisodes de pénuries.
Les autorités françaises disposent d’ailleurs déjà de la possibilité d’autoriser exceptionnellement l’allongement de la durée de conservation de certains lots lorsqu’un médicament indispensable vient à manquer. Cette nouvelle démarche entend désormais aller plus loin en intervenant en amont et de manière durable sur les autorisations de commercialisation.
Elle complète l’étude Perimed, menée sur les médicaments rapportés en pharmacie, qui a montré que le gaspillage résulte notamment d’arrêts ou de changements de traitements, de conditionnements inadaptés et de dates de péremption.
La réflexion dépasse la France : au niveau européen, l’allongement des durées de conservation et l’adaptation des conditionnements figurent également parmi les pistes étudiées pour réduire le gaspillage pharmaceutique.
Si les données fournies garantissent toujours la qualité, l’efficacité et la sécurité des traitements, certaines boîtes pourraient donc à terme rester plusieurs mois, voire plusieurs années supplémentaires dans le circuit pharmaceutique avant d’être considérées comme périmées.
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