SheIn Le géant de la fast-fashion Shein s’apprête finalement à faire son entrée en Bourse après plusieurs années de tentatives et de difficultés réglementaires. Le groupe, fondé en Chine mais désormais basé à Singapour, doit être coté à la Bourse de Hong Kong à partir du 1er septembre prochain. Shein espère lever jusqu’à 13,86 milliards de dollars de Hong Kong, soit environ 1,77 milliard de dollars américains.
Pour y parvenir, l’entreprise propose environ 280 millions d’actions à un prix compris entre 47,60 et 49,50 dollars de Hong Kong. Au prix le plus élevé, Shein serait valorisé autour de 27 milliards de dollars.
Un montant impressionnant, mais très inférieur aux quelque 98 milliards de dollars auxquels le groupe avait été valorisé lors d’une levée de fonds privée en 2022. En quatre ans, la valorisation de Shein a ainsi chuté d’environ 70 %.
Cette introduction en Bourse constitue surtout l’aboutissement d’un long parcours semé d’obstacles. Shein avait d’abord envisagé Wall Street, avant de renoncer notamment en raison des tensions réglementaires et politiques entourant ses activités et sa chaîne d’approvisionnement chinoise. Une cotation à Londres avait ensuite été étudiée, là encore sans aboutir. Le groupe a finalement obtenu en juillet le feu vert des autorités chinoises pour se tourner vers Hong Kong.
Parmi les investisseurs participant à l’opération figurent notamment Tencent, General Atlantic, Tiger Global et Boyu Capital. Shein compte utiliser l’argent récolté pour renforcer ses capacités technologiques, notamment dans l’intelligence artificielle et l'analyse des données, mais aussi pour poursuivre son développement international.
L’opération intervient toutefois dans un contexte beaucoup moins favorable qu’au moment de l’explosion de Shein pendant la pandémie. Le groupe doit désormais affronter une concurrence féroce, notamment celle de Temu, ainsi qu’un durcissement des règles douanières dans plusieurs pays.
Son modèle économique reste également régulièrement critiqué pour son impact environnemental, les conditions de fabrication chez certains fournisseurs et la commercialisation de produits controversés.
En France, Shein a notamment fait l’objet de plusieurs sanctions financières et reste au cœur d’une bataille politique et commerciale autour de la fast-fashion. L’entrée en Bourse du 1er septembre constituera donc un véritable test pour déterminer la confiance que les investisseurs accordent encore au modèle ultra-low-cost de Shein.
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