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Pour protester contre la loi d’urgence agricole, la romancière Agnès Ledig rend sa Légion d’honneur: "La goutte de pesticides de la loi d'urgence agricole a fait déborder le vase de ma colère"

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La romancière Agnès Ledig, qui élève des chèvres dans les Vosges, annonce renoncer à sa Légion d'honneur en guise de protestation à l'égard de la loi d'urgence agricole, qui autorise la réintroduction sous conditions de certains pesticides interdits.

Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, postée sur Instagram, et trois ans après avoir été décorée, elle indique: « Pour garder mon honneur, je vous rends ma Légion ».

Et l'autrice de Juste avant le bonheur (2013) d'ajouter: « Voilà des années que je m'interroge face aux scandales sanitaires, aux catastrophes écologiques, à la faiblesse des décisions politiques devant l'urgence climatique ».

« La goutte de pesticides de la loi d'urgence agricole a fait déborder le vase de ma colère, de mon indignation », poursuit Agnès Ledig, qui se présente en tant que « maman de trois enfants, sage-femme et paysanne ». Elle s'oppose à la loi adoptée définitivement la semaine dernière par le Parlement, puis soumise par la gauche au Conseil constitutionnel.

Le texte prévoit que l’agence sanitaire (Anses) puisse « dans un délai de deux mois et à titre exceptionnel » permettre de déroger à l’interdiction de l’utilisation de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, souvent considéré comme un néonicotinoïde de nouvelle génération. Ces dérogations doivent être restreintes à une poignée de filières en difficulté.

« Plus de 2 millions d'entre nous ont dit non à la loi Duplomb (...) mais le pouvoir semble servir d'autres intérêts plus attirés par l'argent que par le vivant », dénonce la romancière, qui a ouvert une ferme biologique à Biffontaine, dans les Vosges.

Agnès Ledig, qui a entamé sa carrière d'écrivaine à la suite du décès de son fils Nathanaël, victime d'une leucémie à l'âge de cinq ans, dit ne pas comprendre « comment un État républicain peut accepter que l'on retrouve des centaines de molécules chimiques dans le sang du cordon (ombilical) de ses enfants sans prendre des mesures urgentes et systémiques pour y remédier ».

 
 
 
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