Peu inquiétés lors de la chute de Ben Ali en Tunisie, les envoyés spéciaux
des médias français sont a contrario devenus des cibles en Egypte, victimes
de violences, voire de "lynchages", de la part des partisans du président
Moubarak qui les accusent de déstabiliser le régime.
A BFM TV, trois
journalistes qui
tournaient dans un marché "ont été tabassés pendant un quart d'heure, à
coups de bâton, de poings, de pieds", a expliqué Guillaume
Dubois, directeur
général de la chaîne info.
"Ils ont été exfiltrés par un convoi de l'armée
qui passait par là, puis ils ont passé neuf heures dans une caserne
avant
d'être reconduits à leur hôtel. Ils ont été vraiment choqués", a-t-il
poursuivi. Ces trois journalistes devaient rentrer en France jeudi, une
autre équipe de BFM demeurant sur place. "On réfléchit, en fonction de
l'évolution de la situation, à renvoyer une nouvelle équipe", a précisé
Guillaume Dubois.
Autre problème,
l'arrestation de reporters par l'armée ou par des civils armés. Une équipe
de trois journalistes de TF1 a été arrêtée jeudi matin par des civils armés
et conduite vers un lieu indéterminé. Les trois journalistes ont été
libérés dans la nuit de jeudi à vendredi a annoncé à l'AFP la chaîne privée.
Par ailleurs, trois journalistes de France 24 qui avaient été interpellés
mercredi ont été libérés jeudi en fin de journée, a annoncé la chaîne
d'infos. Un journaliste d'Arte, arrêté jeudi à un barrage militaire, a
également été relâché quelques heures plus tard, a indiqué la chaîne
franco-allemande.
De son côté, la ministre des Affaires étrangères,
Michèle Alliot-Marie, a condamné "fermement les incidents inacceptables" au
cours desquels des journalistes ont été pris à partie, agressés et arrêtés
en Egypte, dans une déclaration publiée jeudi soir.
Mercredi, alors
que la situation commençait à devenir extrêmement tendue au Caire, des
équipes de France 2 notamment, ont été violemment prises à
partie. Depuis, toutes les rédactions ont demandé à leurs équipes de
redoubler de vigilance et de ne sortir de leur hôtel qu'en cas de
nécessité.
"La télévision publique égyptienne a désigné les journalistes
étrangers comme responsables de ce qui se passe, c'est une sorte d'appel au
lynchage, non déguisé", a expliqué Thierry Thuillier, directeur des
rédactions de France Télévisions.
"Ils sont des témoins gênants, on
assiste à un tabassage systématique des journalistes étrangers", a-t-il
insisté, ajoutant: "La consigne c'est l'extrême prudence tout en souhaitant
qu'on puisse faire notre boulot".
A i-Télé, les envoyés spéciaux ont été "menacés,
insultés, mais il n'y pas eu d'acte de violence physique", selon Albert
Ripamonti, directeur de la rédaction. "Un de nos journalistes a raconté que,
même sans caméra, le seul fait d'être occidental suffisait pour être pris à
partie".
"J'ai été attaqué par des citoyens normaux qui faisaient la queue
devant un distributeur de billets, j'ai dû me débarrasser de deux cartes
pour sauver ma peau et celle du chauffeur. Un policier présent sur les lieux
a réussi à calmer les gens", a témoigné en écho un photographe de l'AFP.
il n'y a pas que les journalistes de medias occidentaux qui se font attaqués, tout les journalistes etrangers se font malheureusement tabassés et surtout ceux des chaines arabes comme Al-Jazeera ou Al arabiya
Vos réactions
il n'y a pas que les journalistes de medias occidentaux qui se font attaqués, tout les journalistes etrangers se font malheureusement tabassés et surtout ceux des chaines arabes comme Al-Jazeera ou Al arabiya
Réagissez
Nouveau ?
Inscrivez-vousDéjà membre ?
Mot de passe oublié ?