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Israël vulnérable aux ingérences étrangères lors de la campagne électorale à l’approche des législatives prévues fin octobre, selon des experts

Le couple Netanyahu est encadré par des soldats menaçants. Sous la photo, on peut lire: "leur fin sera semblable à celle des Ceausescu (...) C'est eux ou nous". Ce message, publié sur X mi-juillet par un compte s'affichant comme celui d'un Israélien lambda, "Daniel Omer", a été largement repris par les proches du Premier ministre pour dénoncer une campagne d'appel à la haine.

Sauf que ce profil, vouant Benjamin Netanyahu au sort du dictateur roumain, exécuté avec sa femme en 1989, serait en réalité lié à une opération d'influence iranienne, selon FakeReporter, une ONG israélienne traquant les faux comptes.

Pour l'organisation, cet épisode illustre le risque qui pèse sur les législatives prévues fin octobre: d'éventuelles ingérences étrangères qui n'auront qu'à exploiter les fractures déjà nombreuses dans la société israélienne sur la conscription des ultra-orthodoxes, les défaillances sécuritaires face à l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, la guerre à Gaza et le conflit au Moyen-Orient.

Ces cybercampagnes ciblent les électeurs de tous bords, depuis la gauche jusqu'aux partisans du Likoud de Benjamin Netanyahu, aux colons et aux citoyens arabes israéliens. "Les réseaux d'ingérence radicalisent, font apparaître des réactions qui ne se seraient peut-être pas exprimées autrement, les encouragent et les amplifient", relève auprès de l'AFP Roy Shoushan, de FakeReporter.

Selon l'ONG, les opérations identifiées en Israël proviennent principalement de réseaux attribués à l'Iran, suivi de la Russie. Près d'un cinquième d'entre elles auraient été reprises par des médias israéliens qui pensaient relayer de véritables informations.

Dénoncées en juin dans un rapport alarmant du Contrôleur de l'Etat, ces opérations recourant à des algorithmes de diffusion massive (bots) s'emploient à semer peur et colère. C'est le cas de la cybercampagne menée par le compte Isnad, fondé par un militant égyptien exilé, et usant de techniques de guerre psychologique sophistiquées.

Ce réseau s'est illustré lors du conflit contre l'Iran en juin 2025, par des faux contenus visant à briser le moral de la population: femme en pleurs affirmant qu'"aucune ville ne restera intacte" en Israël, ou images retouchées de bâtiments en feu exagérant l'ampleur des destructions.

La désinformation a été classée au premier rang des menaces mondiales par le Forum économique mondial de Davos en 2025. Israël lui-même investit depuis longtemps dans des campagnes d'influence à l'étranger, comme face à l'Iran, en cherchant à mettre en avant le mécontentement à l'égard du pouvoir.

En 2024, FakeReporter avait aussi révélé qu'une campagne clandestine israélienne avait utilisé des comptes fictifs pour influencer les parlementaires et le public aux États-Unis, principal allié. Le pays souffre toutefois d'une "impréparation totale" face aux cyberingérences le ciblant, selon le rapport du Contrôleur.

Contrairement à l'Europe, il ne s'est doté ni de politique nationale dédiée, ni d'autorité spécialisée. Un "échec conceptuel", selon David Siman Tov, chercheur de l'Institut de Sécurité nationale, qui appelle à "passer d'un paradigme de protection des infrastructures à un paradigme de protection de l'espace cognitif".

Le Shin Beth, le service de sécurité intérieure, traiterait pourtant déjà l'ingérence étrangère comme une menace prioritaire, d'après des informations relayées dans la presse israélienne en juillet. Il aurait récemment envoyé des agents dans des pays confrontés aux mêmes risques pour étudier leurs méthodes. 

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