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Tunisie : L'avocate et chroniqueuse tunisienne Sonia Dahmani, libérée fin novembre après 18 mois en détention, condamnée à une nouvelle peine de deux ans de prison

L'avocate et chroniqueuse tunisienne Sonia Dahmani, libérée fin novembre après avoir passé plus de 18 mois en détention, a été condamnée à une nouvelle peine de deux ans de prison pour des déclarations sur la situation pénitentiaire en Tunisie, a indiqué lundi à l'AFP son avocat. Le tribunal de première instance de Tunis a prononcé ce verdict lundi après une audience tenue vendredi, a précisé Me Sami Ben Ghazi, ajoutant qu'il avait fait appel.

Sonia Dahmani, 60 ans, très critique du président tunisien Kais Saied, est poursuivie dans cinq affaires, toutes liées à des déclarations ou publications dans des médias. Les poursuites se basent sur le décret 54 sur les "fausses informations" promulgué en 2022 par le président Saied, un texte fustigé par les défenseurs des droits humains.

Cette affaire a été engagée à son encontre à la suite d'une plainte déposée par l'Administration générale des prisons, selon son avocat. Lors d'une intervention radiophonique en 2023, Mme Dahmani avait critiqué la situation des prisons dans le pays.

En avril, l'avocate avait été condamnée en appel à 18 mois de prison pour une autre intervention radiophonique où elle critiquait l'existence de cimetières et d'autobus réservés aux personnes noires dans certaines régions de Tunisie.

Mme Dahmani, qui reste en liberté conditionnelle depuis fin novembre 2025, avait été arrêtée le 11 mai 2024 à Tunis d'une façon jugée brutale et illégale par ses confrères, au siège de l'Ordre des avocats par des policiers masqués.

Elle a en particulier écopé de 18 mois d'emprisonnement pour avoir ironisé sur un plateau télévisé en mai 2024 à propos de l'intention prêtée aux migrants subsahariens de s'installer durablement en Tunisie malgré une grave crise économique.

"De quel pays extraordinaire parle-t-on?", avait-elle répondu à un autre chroniqueur.

En février 2023, M. Saied avait fustigé l'arrivée de "hordes de migrants subsahariens illégaux" et un "complot" pour "changer la composition démographique" de la Tunisie, un discours qui avait déclenché une violente campagne anti-migrants dans le pays.

Depuis que le président s'est octroyé les pleins pouvoirs après un coup de force en juillet 2021, des dizaines d'opposants, avocats, journalistes et militants de l'aide aux migrants sont emprisonnés, soit en vertu du décret 54, soit pour des motifs liés à la législation antiterroriste ou pour "complot contre l'Etat".

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