22/05 11:31

Festival de Cannes : Quatre inspecteurs du travail a débarqué par surprise pour vérifier si les salariés de France Télévisions respectaient la loi dans leurs horaires et les plannings de production

L'heure n'est pas du tout à la fête pour les équipes de France Télévisions actuellement présentes à Cannes. Au-delà des audiences faibles des émissions consacrées au Festival, quatre inspecteurs du travail se sont rendus sur place en début de semaine, pour vérifier que les activités des salariés du groupe public sont notamment conformes aux règles mises en place pour encadrer leur temps de travail, révèle La Lettre.

France Télévisions est accusée de faire travailler ses équipes avec des horaires très intenses, des journées très longues et même parfois, sans un seul jours de repos dans la semaine. Certains salariés commenceraient même parfois leur journée à 22h, pour travailler toute la nuit. Les syndicats de France Télévisions étaient alors montés au créneau, mobilisés pour dénoncer ces pratiques.

Face aux règles très strictes du Code du travail, France Télévisions avait alors pris l'habitude de demander des dérogations exceptionnelles pour les grands événements comme les Jeux Olympiques, le Tour de France ou encore le Festival de Cannes.

Seulement, l'inspection du travail a estimé que ces événements pouvaient s'anticiper, et a cette fois-ci refuser d'accorder cette dérogation.

France Télévisions a alors tenté un recours , mais qui a également été rejeté. Il a alors été demandé à France Télévisions de fournir tous les plannings des salariés mobilisés pour le Festival de Cannes. Mais le groupe audiovisuel public aurait tardé à donner les documents, et ne les aurait transmis qu'après le lancement du festival.

Très agacée, l'inspection du travail aurait alors décidé de déployer une équipe, qui s'est donc rendue sur place cette semaine.

Rappelons qu'en février dernier, une juge d'instruction parisienne a été saisie pour enquêter sur des frais d'hôtel de luxe où ont séjourné des dirigeants de France Télévisions, dont la présidente Delphine Ernotte Cunci, lors du festival de Cannes en mai 2023, à la suite de plaintes d'un syndicat de l'audiovisuel.

France Télévisions s'est dit "parfaitement serein", en assurant que "pas un euro d'argent public" n'a été "dépensé" pour ces hébergements.

L'information judiciaire a été ouverte pour détournement de biens publics et abus de biens sociaux, selon l'une des sources proches du dossier, confirmant une information du média La Lettre. L'affaire porte sur plus de 110.000 euros de frais d'hôtel de luxe réglés, d'après le syndicat plaignant, par France Télévisions au profit de plusieurs de ses dirigeants, dont Delphine Ernotte Cunci, et de deux fondateurs du média en ligne Brut, partenaire du groupe public lors du festival de Cannes.

Une "somme extravagante", qui dépasserait "très largement le plafond spécifique autorisé de 350 euros", d'après la plainte du syndicat national des personnels de la communication et de l'audiovisuel CFE-CGC, dont l'AFP a eu connaissance.

Le syndicat se base sur des factures qui avaient été publiées de manière anonyme sur internet. Depuis que l'affaire a été révélée, France Télévisions a toujours assuré, au contraire, n'avoir pas déboursé un euro mais bénéficié de ces chambres grâce à la pratique du "barter", qui consiste à recevoir des services en échange d'espaces publicitaires invendus.

Une position réaffirmée par Mme Ernotte Cunci le 10 décembre, devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, où elle avait été interrogée sur le sujet par le rapporteur Charles Alloncle (UDR) et la députée RN Caroline Parmentier. Selon France Télévisions il s'agit d'une "pratique courante, légale et utilisée par tous les médias".

Le syndicat avait déposé une première plainte au parquet en février 2024, puis une plainte avec constitution de partie civile trois mois plus tard, pour obtenir la désignation d'un juge d'instruction. "Il était grand temps que la justice se penche sur ce dossier", a déclaré à l'AFP son secrétaire général, Jean-Jacques Cordival, qui se dit sceptique sur un "soi-disant échange +Chambres d'hôtel 4 étoiles contre pub+". "Nous nous attendons à ce que Delphine Ernotte Cunci soit personnellement entendue", a ajouté l'avocat du syndicat, Me Pierre-Olivier Lambert. 

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de djelloul
22/mai/2026 - 14h24

y a peut etre un salarié qui a tph anonymmement pour se plaindre ...?

Portrait de Orwell 2026
22/mai/2026 - 14h18

"ont débarqué par surprise " ??? Encore heureusement ,vous vouliez qui les avertissent six mois avant de leur visite ?!