Lyhanna Un tiers des parents déclarent que leur enfant a été victime de harcèlement par d’autres élèves ou discriminé par l’institution scolaire, pointe une étude du Défenseur des droits, selon laquelle les jeunes parents sont plus enclins à rapporter des atteintes aux droits.
Entre octobre 2024 et janvier 2025, 1.692 parents d’enfants âgés de 6 à 23 ans ont été interrogés et devaient dire si au cours des cinq dernières années, selon eux, leur enfant avait subi une inégalité de traitement de la part de l‘école, du harcèlement scolaire ou du cyberharcèlement par d’autres élèves.
“Plutôt que de fournir des chiffres sur l’ampleur des atteintes aux droits de l’enfant, cette étude renseigne avant tout la manière dont les parents se positionnent vis-à-vis de ces atteintes”, peut-on lire dans le rapport.
L‘étude “montre un lien étroit entre harcèlement, cyberharcèlement et discriminations de la part de l’institution scolaire suggérant l’existence d’un continuum d’atteintes aux droits de l’enfant (...) susceptible de compromettre” son bien-être et sa scolarité. Un tiers des parents estiment que leur enfant a connu des différences de traitement à l‘école, au collège ou au lycée.
Ils dénoncent plus fréquemment des traitements inégalitaires lors de la notation (18%) ou des sanctions (19%), que dans les décisions d’orientation (14%), “malgré l’existence bien documentée de biais en la matière”.
Environ 70% des parents qui dénoncent un traitement inégalitaire pensent qu’il est lié à un critère prohibé par la loi (handicap, apparence physique, milieu social, couleur de peau, religion, nationalité, genre, orientation sexuelle), “laissant entrevoir l’hypothèse de situations discriminatoires”.
L‘état de santé ou le handicap “constituent, de loin”, le premier critère de discrimination. Trois parents sur dix pensent que leur enfant a été harcelé, et un sur dix qu’il a été cyberharcelé.
Les mères, les jeunes parents (18-34 ans), plus sensibilisés aux questions d’inégalités, les parents ayant eux-mêmes subi des discriminations et ceux qui sont dans des situations précaires sont plus enclins à rapporter à la fois des discriminations et du harcèlement.
L‘étude relève aussi que les parents entreprennent plus souvent des démarches, administratives ou judiciaires, quand il s’agit d’inégalités de traitement à l‘école (dans 16% des cas) que lorsque leurs enfants ont subi du harcèlement (7%). Ce qui peut s’expliquer par “des difficultés à identifier les démarches” ou “une crainte d’envenimer la situation par leur intervention” quand il s’agit de harcèlement.
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