attaque La Cour d'assises de Vaucluse a condamné Aurélie S. à 25 ans de réclusion pour avoir laissé mourir ses deux bébés et les avoir placés au congélateur, une des peines les plus lourdes jamais prononcées pour ce type de dossier. Cette mère au foyer est restée impassible, bras croisés, à l'annonce de ce verdict vendredi après-midi. Son conseil, Me Charlotte Bres, a dit souhaiter "attendre les motivations" du tribunal avant de décider d'un éventuel appel, avouant "ne pas comprendre" le quantum "élevé" de la peine. Elle a assuré que sa cliente avait été "soulagée": "parce que la cour a retenu que ce n'était pas une meurtrière".
Le tribunal n'a pas condamné Aurélie S. pour meurtre mais a jugé qu'elle était coupable de privation de soins ayant entraîné la mort de deux de ses bébés, nés en 2018 et 2019. Me Marc Geiger, l'avocat du père d'Allia, le premier bébé mort, qui a appris sa paternité avec l'enquête, a estimé que le tribunal "reconnait exactement ce qu'eux [les parties civiles, ndlr] ont ressenti: on peut donner la mort sans acte volontaire, en privant des enfants d'un soin impératif, immédiat et absolu".
Le père de l'autre bébé a regretté quant à lui: "elle n'a pas assumé ce qu'elle a fait (...) j'aurais aimé qu'elle avoue". Dans d'autres affaires similaires, le verdict avait pu être allégé par la reconnaissance de l'altération du discernement des accusées.
Ce fut notamment le cas dans la plus grave affaire française d'infanticide: Dominique Cottrez, accusée d'avoir tué huit nouveau-nés dont les corps avaient été découverts en 2010. Elle avait été condamnée à neuf ans de prison, le jury reconnaissant une altération du discernement.
Un an plus tôt, en 2009, Véronique Courjault, mère de deux garçons, avait été condamnée à huit ans de réclusion pour le meurtre de trois nouveau-nés, dont deux avaient été retrouvés congelés en Corée du Sud, où elle était expatriée avec son mari.
Dans le cas d'Aurélie S., les experts psychiatres avaient estimé que son discernement avait pu être altéré pour le second bébé, qu'elle avait accouché seule sur son canapé après un déni de grossesse.
Mais ils avaient estimé que pour Allia, qu'elle voulait "faire adopter", Aurélie S. avait "une responsabilité entière". La petite fille, âgée de deux jours, était morte, selon sa mère, après une chute dans l'escalier de sa maison.
Une version contredite par les expertises, les lésions sur le crâne du bébé n'étant pas compatibles avec ce scenario.
La quadragénaire, ex-militaire devenue mère au foyer, élevait seule ses trois filles à Bedoin, au pied du Mont-Ventoux. Elle a aussi été reconnue coupable de violences à leur encontre. Les trois sœurs, âgées de 13 à 23 ans aujourd'hui, avaient évoqué des coups de pied, des gifles et des coups de poêle à frire lors d'écoutes téléphoniques en lien av
ec l'affaire criminelle.
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