sebastien lecornu L’Etat français a dédommagé le concessionnaire de la future autoroute A69 à hauteur de 79 millions d’euros après la longue interruption du chantier en 2025, a-t-on appris auprès du ministère des Transports.
Les travaux de ce nouvel axe Toulouse-Castres avaient été interrompus le 27 février 2025 par un jugement du tribunal administratif de Toulouse annulant l’autorisation environnementale accordée à ce projet, objet depuis le début du chantier d’une vive contestation de la part des associations de défense de l’environnement.
Le chantier a été autorisé à reprendre fin mai, à la suite d’une première décision provisoire de la cour administrative d’appel de Toulouse qui a finalement validé au fond le 30 décembre l’autorisation environnementale. Le Conseil d’Etat est désormais saisi du dossier.
L’interruption intervenue entre février et mai a « bouleversé l’équilibre économique du contrat » passé entre l’Etat et le concessionnaire Atosca, a expliqué une source ministérielle, confirmant le versement d’une indemnisation à Atosca, révélé par le média d’investigation Mediacités.
Ce bouleversement a rendu nécessaire une négociation au terme de laquelle un dédommagement a été arrêté, autour de 79 millions d’euros, selon la même source, un montant « quasiment divisé par deux par rapport aux demandes initiales » d’Atosca, a-t-elle précisé.
Dans un communiqué à l’AFP, le concessionnaire a simplement indiqué qu’« une médiation a été menée par deux tiers indépendants entre l’Etat et Atosca afin de définir les conditions d’une reprise des travaux ».
L’indemnisation « permet de venir prendre en charge les surcoûts qui s’imposent à l’entreprise, au concessionnaire, et n’étaient pas prévus dans le contrat initial, à cause de l’arrêt du chantier », a détaillé la source ministérielle.
Le ministère des Transports, qui « déplore » cette situation, note qu’elle « est le résultat des recours judiciaires qu’il y a eu contre ce chantier qui était déjà très engagé » et d’une « quasi-obstruction judiciaire par les opposants ».
Ces quelque 80 millions de « surcoût » viennent « renchérir » le budget total, qui était estimé entre 400 et 500 millions d’euros, a ajouté le ministère.
« Cela nous paraît totalement extravagant », a estimé auprès de l’AFP Geoffrey Tarroux, l’un des porte-parole du collectif d’opposants à l’A69 La Voie est libre, affirmant qu’Atosca avait chiffré à 180.000 euros/jour le coût de l’arrêt du chantier, ce qui compte-tenu de la centaine de jours d’interruption, représenterait plutôt environ 18 millions.
« L’Etat est un larbin servile qui se couche devant NGE-Atosca et les forceurs de l’A69 », a fustigé le collectif dans un communiqué, dénonçant un « système organisé pour offrir à un groupe privé son autoroute sur fonds publics ».
« Le chantier est pleinement mobilisé, avec une livraison prévue au second semestre 2026 », a de son côté souligné Atosca dans son communiqué.
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