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21/02 17:31

Plus de sept supermarchés sur dix vendent toujours des oeufs de poules élevées en cage, dix ans après les premiers engagements des enseignes pour cesser leur commercialisation

Plus de sept supermarchés sur dix vendent toujours des oeufs de poules élevées en cage, dix ans après les premiers engagements des enseignes pour cesser leur commercialisation, a déploré l'association Anima, malgré de nets progrès.

Les oeufs de poules élevées en cage ne représentaient plus que 14% des oeufs vendus en grandes surfaces en 2025 contre 51% en 2016, une part "historiquement basse" car le recours à cette pratique a diminué, relève l'association de défense du bien-être animal dans un communiqué, citant des données de l'institut technique de l'aviculture (Itavi).

Ils subsistent toutefois en rayon, alors que les principales enseignes s'étaient engagées à ne plus en vendre "au 1er janvier 2026", regrette Anima.

A "l'heure des comptes", l'association a enquêté le mois dernier avec l'ONG Data for Good dans près de 400 supermarchés (48 magasins E. Leclerc, 70 Carrefour, 55 Intermarché, 45 U, 50 Auchan, 60 Lidl, 28 Monoprix et 30 Aldi). Résultat: 73% des magasins visités vendaient des "oeufs cage".

Ce chiffre recouvre cependant de grandes disparités selon les distributeurs: ces oeufs ont été trouvés dans seulement 3,6% des Monoprix visités, dans 26,7% des Aldi et dans moins de la moitié des Intermarchés.

Mais on trouve des oeufs en cage dans plus de 80% des magasins Carrefour et Leclerc visités, et dans plus de 90% des U, Auchan et Lidl visités.

Dans 95% des cas, ces oeufs cage sont français, seul Lidl vendant "fréquemment des oeufs cage étrangers", notamment polonais.

Aucun oeuf ukrainien, dont l'importation avait fait polémique en août, n'a été recensé, a assuré Keyvan Mostafavi, le directeur d'Anima, lors d'une visioconférence.

En outre, "plusieurs dizaines de supermarchés vendent des boîtes d'oeufs cage en infraction avec la réglementation européenne, car sans indication du mode d'élevage", souligne l'association.

Elle a passé au crible 25 produits à base d'oeufs (brioches, madeleines, etc.) de marques propres des distributeurs, constatant de "bons progrès", selon Keyvan Mostafavi.

Le discounter Lidl en particulier revendique des oeufs de poules élevées au sol ou en plein air pour 100% de ces produits, devant Leclerc (96%), Monoprix (près de 91%) et Aldi (90%).

Contactées par l'AFP pour savoir pourquoi elles vendent encore des oeufs cage, plusieurs enseignes invoquent les tensions du marché français, où la production n'a pas suivi la forte hausse de la consommation, ce qui s'est traduit ces derniers temps par des rayons dégarnis.

Coopérative U, dont "100% des oeufs" de marque U sont français et "issus d'élevages plein air depuis 2021", assure que "70% des volumes d'oeufs vendus" dans ses magasins "sont hors cage". Le groupement vise les 100% d'ici à "fin 2026", une échéance "reportée" d'un an en raison des "fortes pressions" du marché.

De même, Auchan a dû "différer" cet objectif en raison des "tensions sur les approvisionnements". L'enseigne, qui a "abandonné la commercialisation" d'oeufs de poules en cage pour ses marques propres depuis 2023, assure travailler "avec les petits producteurs régionaux, qui pour certains n'ont pas encore totalement achevé leur transition".

E.Leclerc affirme également défendre "l'arrêt des oeufs issus de poules élevées en cage", un "engagement historique" pour l'enseigne.

Carrefour "conteste fermement" auprès de l'AFP "la méthodologie utilisée par le rapport Anima" et regrette que certaines "données, transmises en toute transparence à l'ONG à sa demande, ne figurent pas dans l'étude".

"En 2025, 91% des oeufs coquilles commercialisés par l'enseigne sont issus d'élevage hors cage (et 78% pour les oeufs ingrédients)", ajoute l'enseigne "confiante pour atteindre sa cible de 100% d'ici la fin de cette année".

 

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