Merwane Benlazar C'est un nouveau point de tension qui est apparu aujourd'hui lors de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public qui va demander à la ministre de la Culture Rachida Dati les documents appuyant ses accusations envers le magazine de France 2 Complément d'enquête, a indiqué jeudi son président Jérémie Patrier-Leitus.
Par cette démarche, il s'agit de déterminer qui de la ministre ou de l'équipe de Complément d'enquête dit la vérité. Cela pourrait conduire à une saisine de la justice pour suspicion de parjure, chacun ayant fait des déclarations contradictoires sous serment sur le sujet, devant les députés de la commission d'enquête.
Le parjure (faux témoignage sous serment) est puni de 5 ans d’emprisonnement et 75.000 € d’amende.
Les peines peuvent être aggravées si le faux témoignage a eu des conséquences graves ou si il s’inscrit dans une volonté d’entraver la manifestation de la vérité.
Le magazine avait consacré un numéro à la ministre en 2025. "Ils ont proposé, via un tiers (un journaliste indépendant, ndlr), auprès d'un membre de ma famille, de pouvoir le payer" pour des informations la concernant, avait déclaré Mme Dati le 5 février devant la commission d'enquête.
"Il y a eu des échanges", avait-elle précisé, affirmant avoir les coordonnées de ce tiers.
Jeudi, les responsables de Complément d'enquête ont été auditionnés à leur tour et ont récusé ces propos. "Nous n'avons évidemment pas donné d'argent ou proposé d'argent à quiconque dans l'entourage de Mme Dati, fût-ce par un tiers", a assuré le présentateur Tristan Waleckx.
"Jamais je n'ai monnayé un témoignage, ni même tenté de monnayer un témoignage. C'est contraire aux règles déontologiques les plus élémentaires", a renchéri Louis Milano-Dupont, auteur du reportage. Il n'a pas non plus fait appel à un tiers, a-t-il ajouté. Le journaliste a précisé avoir reçu un mail "d'un proche de Mme Dati", qui s'est reconnu dans les propos de la ministre en commission, où il affirme que Complément d'enquête ne lui a jamais proposé d'argent.
Ce document va être également transmis aux députés.
Avec l'approbation du rapporteur Charles Alloncle (UDR), le président de la commission d'enquête a aussitôt indiqué qu'il allait demander en parallèle à la ministre de "transmettre les documents dont elle a connaissance et qu'elle a en sa possession".
Vos réactions
Pourquoi je ne suis pas étonnée ?
Il y aura forcement une enquête judiciaire et l'on saura vite s'il y a eut subornation de témoin pour le reportage ou faux témoignage devant la commission.
Le journaliste a précisé avoir reçu un mail "d'un proche de Mme Dati"
Un mail ? Le journaliste ne sait plus qu'il a interviewé ? Il ne l'a pas enregistré ? (on verrait vite si c'est la même personne que le posteur de mail)
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