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Elise Lucet devant la commission d’enquête à l’Assemblée affirme "ne jamais aller devant le domicile des personnes que l’on veut interviewer" - VIDEO

Hier après-midi, Elise Lucet était auditionnée par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public. Au cours de celle-ci, la présentatrice des émissions de France 2 "Cash Investigation" et "Envoyé Spécial" a été interrogée sur les méthodes utilisées par ses équipes et notamment le fait qu'elles se rendent devant les domiciles des personnes qu'elles souhaitent interroger. 

"Vous utilisez des caméras cachées, des enregistrements à l'insu des personnes, des interpellations directes aussi jusqu'aux domiciles des individus pour obtenir des réponses", a précisé Charles Alloncle, le rapporteur de cette commission.

Des propos qui ont fait réagir Elise Lucet. "Non, on ne va jamais devant le domicile des personnes qu'on veut interviewer. On va dans des réunions publiques, on va devant des sièges d'entreprises parfois et, encore rarement, on va dans des assemblées générales d'actionnaires, mais non, on ne va pas devant le domicile de quelqu'un", a précisé la journaliste.

Quelques temps plus tard, Charles Alloncle a évoqué un numéro de "Cash Investigation" consacré à LVMH. "Lors de celui-ci, vous êtes allé devant le domicile de Nicolas Puech [l’un des héritiers du fleuron du luxe Hermès, ndlr] en Suisse, vous avez même interrogé la femme de ménage qui s'y trouvait, donc vous nous expliquez que ce n'est pas des méthodes que vous employez, pourtant, dans un précédent numéro, vous l'avez fait. Qu'est-ce qu'on doit comprendre de vos méthodes et de vos règles déontologiques ?", l’a interrogé le rapporteur. Confrontée à cette contradiction, Élise Lucet a d’abord tenté de nuancer ses propos en expliquant que M. Puech possédait plusieurs domiciles. 

"Alors, il ne s'agit pas de son domicile principal, en l'occurrence, il s'agit d'un de ses domiciles. Je crois que M. Puech en a plusieurs. Quand vous avez quelqu'un qui n'a pas de bureau officiel, pour le coup, M. Puech, on lui a fait aussi toutes les demandes possibles et imaginables. Il a même été question à un moment qu'on puisse réaliser une interview de lui, puis par la suite, malheureusement, ça n'a pas été suivi des faits", précise la journaliste.

Et d’ajouter : "Vous voyez bien que là, quand on montre le domicile de M. Puech, on est à l'extérieur, M. Puech n'est pas là, on montre simplement une discussion avec la femme de ménage, je ne vais pas attendre quelqu'un pour le poursuivre devant chez lui, c'est ce que je voulais vous dire par ça, c'est-à-dire que là, on est vraiment dans une dynamique de reportage. Notre reporter se rend jusque chez lui, on espère obtenir une interview, on l'obtiendra ou on ne l'obtiendra pas, il peut très bien d'ailleurs nous dire à un moment, non, je ne veux pas vous répondre et je ne vous répondrai pas, mais M. Puech était tout à fait capable de le faire".

"Ce que je veux dire, c'est qu'à aucun moment, nous, dans la volonté qu'on peut avoir de recueil du contradictoire, quand on a épuisé tout ce qu'on pouvait épuiser, on ne se rend devant le domicile de quelqu'un", continue Elise Lucet.

"Je vous ai posé la question sur les méthodes que vous employez, vous me répondez en expliquant que vous n'allez jamais devant le domicile de ces personnes, vous êtes sous serment, je vous explique que dans un Cash Investigation, vous êtes allé devant le domicile d'une personne, M. Nicolas Puech, et vous me répondez, alors que vous étiez sous serment, que oui, effectivement, c'était son domicile, mais ce n'était pas son domicile principal. Est-ce que vous n'avez pas l'impression, sous serment, de nous avoir en fait menti ?", lui demande alors Charles Alloncle.

Réponse de la présentatrice de "Cash Investigation" : "Non, non, non, moi, je ne suis pas allé devant le domicile de M. Puech. Mon journaliste y est allé, mais pardonnez-moi, ça c'est la démarche normale du reportage, d'aller devant pour tenter de recueillir. Moi, je vous disais tout à l'heure, sous serment, et je vous le redis sous serment, donc je suis très claire, moi, Élise Lucet, je ne vais pas, en dernier recours, devant le domicile de quelqu'un que nous tentons d'interviewer, en l'occurrence la personne-là que je vous dis à voir par texto quasiment tous les jours, je ne vais pas aller devant son domicile pour tenter de l'interviewer".

"Donc c'est ce que je suis en train de vous dire. Dans le cadre du reportage qui concerne l'enquête, ça peut nous arriver, ça a pu nous arriver à de multiples reprises, mais moi, personnellement, je n'y vais pas, parce que là, c'est clair", conclut Elise Lucet. 

 

 

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Vos réactions

Portrait de Touché01
11/février/2026 - 12h32

Je vous ai posé la question sur les méthodes que vous employez, vous me répondez en expliquant que vous n'allez jamais devant le domicile de ces personnes, vous êtes sous serment, je vous explique que dans un Cash Investigation, vous êtes allé devant le domicile d'une personne, M. Nicolas Puech, et vous me répondez, alors que vous étiez sous serment, que oui, effectivement, c'était son domicile, mais ce n'était pas son domicile principal

Mentir sous serment devant la commission est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende. (434-13 du Code pénal).

Que va t il se passer ... ?

Portrait de cmeta
11/février/2026 - 11h56

le panier de crabes de l'audiovisuel publique j'ai rien fait m'sieur, c'est insupportable

Portrait de micpec
11/février/2026 - 11h22

""Donc c'est ce que je suis en train de vous dire. Dans le cadre du reportage qui concerne l'enquête, ça peut nous arriver, ça a pu nous arriver à de multiples reprises, mais moi, personnellement, je n'y vais pas".

Oui, mais si je comprends cette réponse, une personne y va, ce qui revient au même, c'est à dire possibilité à X ou Y de reconnaitre une adresse.

Portrait de KERCLAUDE
11/février/2026 - 11h03

Les personnes auditionnées en réponse semblent lire des documents, ont elles connaissance des questions posées?