Anthony Head Nestlé, accusé d’avoir tardé à rappeler du lait infantile après avoir identifié la présence de toxine dans ses produits, a reconnu avoir attendu une analyse des risques pour la santé avant d’alerter les autorités néerlandaises, puis européennes.
Vendredi, le quotidien français Le Monde a indiqué que la présence d’une toxine dans des produits de Nestlé avait été identifiée dix jours avant les premiers rappels, dès la fin de novembre.
Selon le journal, l’industriel a attendu une « analyse de risque de santé » avant d’informer les autorités néerlandaises, puis européennes, de la présence de céréulide dans ses laits infantiles produits aux Pays-Bas.
Cette chronologie est reconnue par Nestlé qui évoque, dans un communiqué publié sur son site internet, de « très faibles niveaux » de toxine détectés fin novembre et rappelle l’absence « de réglementation fixant une limite maximale pour la céréulide ».
« Nous avons néanmoins agi rapidement en retirant les produits ne répondant pas à nos exigences de qualité », ajoute le groupe.
Cette toxine, produite par certaines bactéries Bacillus cereus, est susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements.
« A la fin du mois de novembre 2025, à la suite de contrôles de routine (...) dans notre usine aux Pays-Bas, nous avons détecté de très faibles niveaux de céréulide dans des échantillons de produits », indique le géant de l’agroalimentaire.
Nestlé assure avoir à ce moment-là « immédiatement bloqué la production » et lancé « des analyses plus approfondies en laboratoire ».
« Les résultats reçus début décembre 2025 ont confirmé la présence d’infimes quantités de céréulide dans les produits toujours sous notre contrôle », c’est-à-dire pas encore distribués, établit-il.
« Nous avons demandé à nos experts de faire une analyse de risque de santé - c’est-à-dire comprendre les symptômes et conséquences liés à la consommation de produits qui en contiennent pour la partager avec les autorités compétentes », a précisé une porte-parole à l’AFP.
Nestlé reconnaît avoir attendu le 10 décembre 2025, pour informer les autorités « aux Pays-Bas ainsi que celles de tous les pays potentiellement concernés, ainsi que la Commission Européenne » et pour commencer un rappel « par précaution » de « tous les produits fabriqués depuis l’installation de l’équipement dans notre usine aux Pays-Bas », soit 25 lots dans 16 pays européens.
Depuis le début de l’affaire, Nestlé assure que le vaste rappel de laits infantiles de la marque sont liés à un « problème de qualité », et affirme à cette heure n’avoir reçu aucune preuve de lien entre une maladie et ses produits.
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