les enfoirés Il avait photographié Charles de Gaulle en Algérie, à l'Élysée et en campagne partout en France. Le photojournaliste Jacques Boissay, qui suivait le général pour le quotidien France-Soir dans les années 1960, est mort mardi à l'âge de 88 ans, a annoncé mercredi sa famille à l'AFP.
Au-delà de ses clichés consacrés au fondateur de la Ve République, "son parcours s'étend sur plus de cinquante années de métier, avec des milliers de photographies publiées et diffusées en France et à l'étranger", a souligné sa famille. Jacques Boissay est décédé à Neuilly-sur-Seine.
Il photographie de Gaulle pour la première fois en juin 1958, en Algérie, en pleine crise politique liée à la guerre d'indépendance. C'est au cours de cette visite que le président du Conseil (l'équivalent de Premier ministre) prononce son célèbre "Je vous ai compris". À cette époque, Jacques Boissay travaille au Service cinématographique des armées. En 1959, il rejoint France-Soir, dont il deviendra responsable du service photo.
Dirigé par Pierre Lazareff, le quotidien populaire est alors le plus lu de France, avec plus d'un million d'exemplaires vendus chaque jour. Le photographe continue à suivre le chef de l'État, parmi bien d'autres figures politiques et culturelles, jusqu'à la fin de la présidence gaullienne en 1969.
En 2011, il publie le livre "De Gaulle en campagne", qui montre le premier président de la Ve République au contact des Français. Au fil des années, Jacques Boissay accumule les anecdotes. L'une d'elles se déroule à Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne), fief de la famille de Gaulle. "Yvonne de Gaulle préparait parfois un pique-nique et son mari l'accompagnait pour déjeuner sur l'herbe.
Ils s'étaient alors fait interpeller et moquer par un paysan les traitant de Parigots. Il ne les avait pas reconnus !", racontait-il en 2015 au Parisien, à l'occasion d'une exposition de ses photographies.
Malgré le poids de cette figure historique dans sa carrière, Jacques Boissay rechignait à être catalogué comme "le photographe de de Gaulle" : "J'ai connu tout le ban et l'arrière-ban des hommes politiques les plus importants de ce pays", soulignait-il.
Il quitte France-Soir en 1976 pour rejoindre Le Nouvel Économiste, avant de terminer sa carrière à la direction de la communication de la Générale des Eaux, devenue depuis Veolia.
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