dermatose nodulaire L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a annoncé avoir découvert l'existence d'un nouveau logiciel utilisé par les services de sécurité au Bélarus pour espionner les journalistes de ce pays autoritaire d'Europe orientale.
Baptisé "ResidentBat", ce logiciel espion "jusqu'alors inconnu" a été découvert cette année dans le téléphone portable d'un journaliste qui avait dû déverrouiller et remettre son appareil aux agents des services bélarusses (toujours nommés KGB, comme sous l'URSS) lors d'un interrogatoire, explique RSF dans un rapport.
A la différence d'autres outils de surveillance qui peuvent infecter des téléphones à distance, tel le logiciel israélien Pegasus, ResidentBat doit être installé manuellement sur l'appareil. Il permet ensuite "l'accès aux journaux d'appels, aux enregistrements du microphone, aux captures d'écran, aux SMS, aux messages provenant d'applications de messagerie chiffrées, ainsi qu'aux fichiers stockés localement", précise l'ONG.
Ces technologies de surveillance montrent "une stratégie délibérée de répression contre le journalisme indépendant" au Bélarus, a dénoncé dans un communiqué Antoine Bernard, directeur du plaidoyer et de l'assistance à RSF. L'identité de la victime n'a pas été révélée pour des raisons de sécurité. Celle-ci, alertée par un antivirus, s'est tournée vers l'organisation RESIDENT.NGO, un groupe de spécialistes informatiques accompagnant des ONG en Europe orientale, qui s'est associée à RSF pour enquêter.
Les données récupérées montrent que le logiciel a été utilisé pour la première fois sur ce téléphone lors de l'interrogatoire du journaliste. Les enquêteurs ont également conclu que "l'opération ResidentBat par le KGB (du Bélarus) est en cours depuis au moins mars 2021", mais ils n'ont pas pu déterminer qui avait fabriqué le logiciel. Le président bélarusse Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis plus de 30 ans, écrase toute dissidence.
Selon RSF, une trentaine de journalistes sont actuellement en prison au Bélarus, l'un des pays emprisonnant le plus les reporters au monde. Plus généralement, le rapport de RSF dénonce "une tendance grandissante dans la surveillance" s'appuyant sur des logiciels installés manuellement dans les téléphones des victimes plutôt que via des attaques à distance. RSF réclame "une interdiction internationale de ces technologies invasives et perverses" et "des poursuites effectives pour ces crimes".
En septembre, le Citizen Lab de l'université de Toronto avait découvert l'installation du logiciel espion FlexiSPY dans les téléphones de deux cinéastes kényans à la suite de leur arrestation en mai dans ce pays d'Afrique de l'Est.
En décembre 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International avait aussi accusé les autorités serbes d'avoir installé un logiciel espion semblable, NoviSpy, dans les téléphones de journalistes et de militants.
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