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Le tribunal rend aujourd'hui son jugement dans le procès de deux ex-dirigeants du Canard enchaîné, d'un ancien dessinateur et de sa compagne, pour des soupçons d'emploi fictif, ce qu'ils contestent

Le tribunal correctionnel de Paris rend vendredi son jugement dans le procès de deux ex-dirigeants du Canard enchaîné, d'un ancien dessinateur et de sa compagne, pour des soupçons d'emploi fictif dans l'hebdomadaire satirique, ce qu'ils contestent.

A l'encontre de Michel Gaillard, président du Canard de 1992 à juillet 2023, Nicolas Brimo, qui lui a succédé, l'ancien dessinateur André Escaro et sa compagne Edith Venderdaele, le parquet a requis en juillet un an de prison avec sursis et des amendes de 100.000 à 150.000 euros. La défense a pour sa part plaidé la relaxe.

Les quatre prévenus ont été jugés pour abus de biens sociaux ou recel de ce délit, déclaration frauduleuse pour obtenir une carte de presse, faux et usage de faux et déclaration frauduleuse à un organisme social. Au coeur de l'affaire révélée par un journaliste du Canard enchaîné, Christophe Nobili, et qui a provoqué une profonde crise interne au sein de ce titre centenaire, l'emploi d'Edith Vandendaele, rémunérée comme journaliste pendant 25 ans par le journal qui a révélé l'emploi fictif de Penelope Fillon.

Selon les investigations, personne ne l'a vue à la rédaction. Lors du procès, Michel Gaillard et Nicolas Brimo - seuls à être présents, le couple étant absent en raison de l'état de santé de M. Escaro, 97 ans - ont expliqué que Mme Vandendaele assistait son compagnon pour qu'il réalise après son départ à la retraite en 1996, depuis sa résidence dans la Drôme, les "cabochons", de petits dessins humoristiques d'actualité, pour lesquels il n'était lui-même plus rémunéré. Pour cela, elle se tenait au courant de l'actualité et lui soufflait des idées. C'était elle aussi qui envoyait toutes les semaines les dessins à la rédaction, par fax ou par courriel.

"Nous avons tout un faisceau d'indices concordants qui dessinent à l'évidence les contours d'un emploi fictif", avait estimé lors des réquisitions un des représentants du ministère public. "Une présence morale n'est pas une présence professionnelle", avait-il ajouté. Le préjudice a été évalué à près de 1,5 million d'euros entre 2010 et 2022, les faits commis avant 2010 étant prescrits.

Lors du procès, les dissensions au sein du Palmipède ont été étalées au grand jour, deux clans s'affrontant: d'un côté, Christophe Nobili et six autres actionnaires minoritaires du journal, dont le rédacteur en chef historique Claude Angeli, qui se sont portés partie civile et réclament le remboursement du préjudice; et de l'autre, la direction actuelle du Canard enchaîné, qui reproche aux premiers d'avoir sali la réputation du titre.

 

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Vos réactions

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16/octobre/2025 - 17h50

Ils sont du bon côté ,(le clan du bien ,la gauche) ,donc "non lieu" !