Laurent Nuñez
Sylvie Giono, 90 ans, a reçu lors d’une cérémonie au ministère à Paris un manuscrit inédit de son père, Jean Giono, retrouvé aux Archives nationales, en bon état de conservation. L’écrivain y raconte un périple à pied en juillet 1939 dans la région de Nyons (Drôme), qu’il connaissait mal et qu’il avait choisie comme cadre d’un roman qui paraîtra finalement en 1951, « Les Grands Chemins ».
« Quand j’ai dit que j’allais demander à récupérer ce manuscrit, des gens m’ont mise en garde, pensant que ce serait très compliqué. Mais non, cela s’est fait simplement. On ne m’a même pas demandé si j’étais vraiment la fille de Giono ! », a affirmé Sylvie Giono à l’AFP.
Ce journal de voyage était caché dans les archives de la « section spéciale de la cour d’appel de Paris », une juridiction d’exception créée en 1941 pour poursuivre des opposants sous l’Occupation, principalement les militants du Parti communiste, alors interdit. Jean Giono, soupçonné d’avoir été membre d’un groupe communiste en Savoie, qu’en réalité il ne connaît pas, communique à ses juges ce journal pour prouver qu’à l’été 1939 il était loin d’y militer.
L’écrivain avait eu des affinités avec le Parti communiste, avant de rompre en 1936. Cet ancien soldat de la Première Guerre mondiale, ultrapacifiste, désapprouvait le soutien armé aux Républicains en Espagne.
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