Medhi Narjissi Le manager de l’équipe de France des moins de 18 ans, mis en cause par la Fédération française de rugby dans une enquête interne sur la disparition en mer de Medhi Narjissi, a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse, a annoncé son avocat.
Dans une interview publiée mardi par le quotidien Sud Ouest, Me Arnaud Dupin estime que la FFR a tenté de « clouer au pilori » son client pour lui faire porter la responsabilité de la disparition du jeune international. Le cabinet de l’avocat bordelais a confirmé à l’AFP le dépôt d’une plainte auprès du parquet de Paris.
L’équipe de France U18 était en Afrique du Sud dans le cadre d’un tournoi international quand, le 7 août, Medhi Narjissi a été emporté en mer sur une plage réputée dangereuse près du cap de Bonne-Espérance. Les joueurs y faisaient une séance de récupération organisée par leur encadrement.
La plainte du manager des U18 fait suite à la remise mi-septembre d’un rapport de la FFR mettant en cause les conseillers techniques sportifs présents lors du rassemblement en Afrique du Sud.
Les cadres en question ont « été suspendus à titre conservatoire », selon le ministère des Sports, en attendant les résultats « avant fin novembre » de l’enquête administrative menée par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche.
Selon l’avocat de Stéphane Cambos, la FFR « a totalement occulté » les déclarations de son client dans ce rapport « indigent et scandaleux ».
« La séance aurait dû se faire au terme de l’excursion à l’hôtel. (...) C’est quand il a vu que la baignade avait été organisée à son insu qu’il est descendu sur la plage. C’est à ce moment que le préparateur physique et ceux qui étaient autour ont stoppé cette séance », fait valoir Me Dupin. « Si la baignade s’arrête quand Stéphane Cambos intervient, c’est bien qu’il n’était pas d’accord ».
L’avocat pointe plusieurs manquements supposés de la FFR, comme l’absence de lettre de mission signée par le manager « qui cadre ses fonctions », ou bien le défaut de lien hiérarchique entre Stéphane Cambos et le préparateur physique, qui « sont tous deux cadre technique national ».
Le parquet d’Agen, saisi par la famille du joueur, a ouvert fin août « une enquête judiciaire en disparition inquiétante ». « Si le préparateur a décidé, et c’est l’enquête pénale qui devra le déterminer, de prendre des latitudes avec le programme établi, c’est sa responsabilité », assure Me Dupin.
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