sebastien lecornu
L’accès aux services d’Instagram toujours bloqué en Turquie pour le quatrième jour consécutif, après des propos virulents du chef de l’Etat et au détriment de multiples opérateurs et commerçants qui y font leurs affaires.
S’exprimant pour la première fois sur le sujet, le président Recep Tayyip Erdogan a dénoncé « le fascisme » des réseaux sociaux à l’égard des Palestiniens, semblant accréditer l’idée de représailles à leur encontre. La rencontre initiée par le ministre des Transports et des Infrastructures turc, Abdulkadir Uraloglu, avec les responsables de la plateforme n’a pas permis de débloquer la situation, a-t-il reconnu.
« Nous n’avons pas obtenu le résultat escompté, nous allons continuer et discuter de manière active », a indiqué le ministre dans un communiqué, à l’issue de ce rendez-vous qu’il avait lui-même annoncé. « Nous ne pensons pas qu’il y aura de progrès aujourd’hui », a-t-il constaté en début de soirée.
Devant les cadres de son parti, à Ankara, M. Erdogan s’est montré sans concession lundi. « Nous sommes confrontés à un fascisme numérique qui ne peut tolérer même les photos de martyrs palestiniens sans les interdire aussitôt », a-t-il dit devant les cadres de son parti à Ankara.
« Ces entreprises ont déclaré la guerre à la résistance glorieuse et aux héros du peuple palestinien dans le monde virtuel. Nous les voyons agir comme une mafia à chaque fois que leurs intérêts sont en jeu », a-t-il martelé.
Le blocage d’Instagram est intervenu après des accusations de « censure » exprimées par le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun. Ce dernier avait affirmé qu’Instagram « empêch(ait) les gens de publier des messages de condoléances pour le martyre du (chef du Hamas Ismaïl) Haniyeh ».
Le Hamas est considéré comme « terroriste » en Europe et aux Etats-Unis, mais loué comme « mouvement de libération » par Ankara qui a décrété un jour de deuil national vendredi, pour les funérailles de M. Haniyeh, son responsable, dont la mort, à Téhéran la semaine dernière, est attribuée à Israël.
La décision de fermer l’accès à Instagram avait été annoncée vendredi par l’Autorité turque des technologies de l’information et des communications (BTK), sans explication.
Le ministre des Transports en revanche avait plutôt fait état de « délit de contenus » heurtant la « sensibilité » de la Turquie, à propos desquels il avait rencontré les responsables de la plateforme la semaine dernière.
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