27/03/2024 14:01

Deux juges d'instruction antiterroristes ont ordonné que l'auteur d'une attaque mortelle au couteau à Romans-Sur-Isère en 2020 soit jugé par la cour d'assises spéciale pour assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste

Quatre ans après une attaque au couteau qui avait tué deux hommes et blessé cinq personnes à Romans-sur-Isère (Drôme), deux juges d’instruction antiterroristes ont ordonné un procès pour assassinats et tentatives d’assassinats terroristes contre l’assaillant, un réfugié soudanais souffrant de troubles psychiatriques.

Dans la matinée du 4 avril 2020, pendant le confinement, Abdallah Osman Ahmed avait tué à l’arme blanche Thierry N., client d’une boucherie âgé de 54 ans, et Julien V., un commerçant de 43 ans. Il avait également blessé cinq personnes au fil de son périple meurtrier dans le centre-ville.

Selon les témoins de l’attaque, il avait agi sans prononcer « la moindre parole », « le regard vide », et avait « l’air hypnotisé » et « possédé », restant « très calme », est-il relaté dans la dernière contre-expertise, signée le 20 juin 2023. L’état psychique de ce réfugié soudanais âgé actuellement de 37 ans a été au coeur des investigations menées au pôle antiterroriste du tribunal de Paris.

Deux des trois expertises psychiatriques réalisées entre 2020 et 2023 ont conclu à l’altération du discernement de l’assaillant.

Avec une altération du discernement, le mis en cause ne risque plus la perpétuité, mais 30 ans de réclusion criminelle.

La deuxième expertise, datée du 7 novembre 2022 et consultée par l’AFP, avait au contraire établi « l’abolition » de son discernement, car il « présentait, depuis des semaines avant les faits, un tableau psychiatrique associant des symptômes délirants de persécutions (hallucinations auditives), une anxiété massive, un sentiment dépressif (tristesse, pessimisme, idées suicidaires, repli à domicile, amaigrissement) ».

« Si le trouble mental qualifié par les experts d’accès psychotique aigu paranoïde hallucinatoire au moment des faits n’est contesté par aucune des expertises, il n’est néanmoins pas avéré qu’il ait été le seul élément à l’origine du déclenchement du passage à l’acte », notent les deux juges d’instruction dans leur ordonnance de mise en accusation devant la cour d’assises spéciale, signée mardi et consultée par l’AFP.

« Ce trouble associé au déracinement et à l’isolement dont souffrait M. Osman Ahmed accentué par le début du premier confinement sanitaire ont fait partie des éléments déclencheurs du périple », ajoutent-ils.

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Vos réactions

Portrait de mercibernard
27/mars/2024 - 15h08

quelle demande  ! quelles sont les autres alternatives ? vol à l'étalage        ? resquille sncf ?