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La justice valide l'interdiction par la préfecture du Rhône d'un concert du rappeur controversé Freeze Corleone qui devait se tenir demain soir à Lyon

La justice a validé l'interdiction par la préfecture du Rhône d'un concert du rappeur controversé Freeze Corleone qui devait se tenir samedi soir à Lyon, au lendemain d'une décision similaire à Lille. «Le risque sérieux que soient tenus des propos de nature à porter de graves atteintes au respect des valeurs et principes, notamment de dignité de la personne humaine, (...), est constitué», a estimé le tribunal administratif de Lyon dans un jugement dont l'AFP a obtenu copie.

Le concert «s'inscrit dans un contexte tendu notamment à l'égard de la communauté juive en France, dont la préfète du Rhône démontre également la réalité sur le plan local», a ajouté le tribunal qui avait été saisi en référé. Dénonçant une décision «surprenante», l'avocat du rappeur, Me Adrien Chartron, a immédiatement annoncé son intention de saisir le conseil d'État pour que le spectacle puisse avoir lieu.

La veille, la justice administrative de Lille avait validé l'interdiction préfectorale d'une autre représentation du rappeur, prévue le soir même dans la ville. Saisi en appel dans le dossier lillois, le Conseil d'État n'a pas statué, l'heure prévue pour ce spectacle ayant été dépassée.

Âgé de 31 ans, Freeze Corleone, pseudonyme de Issa Lorenzo Diakhaté, est visé depuis la semaine dernière par une enquête préliminaire du parquet de Nice pour «apologie du terrorisme» pour une chanson semblant évoquer l'attentat de la Promenade des Anglais en 2016. Dans leurs arrêtés respectifs, les préfectures de Lille et de Lyon, pointent ce morceau et soulignent que les paroles de plusieurs autres chansons contiennent «des propos ouvertement antisémites et empreints d'une admiration pour la personne d'Adolf Hitler et le IIIe Reich».

En 2020, Freeze Corleone a déjà fait l'objet d'une enquête, classée sans suite, pour «provocation à la haine raciale» après des clips contenant des paroles telles que «j'arrive déterminé comme Adolf dans les années 30» ou «tous les jours RAF (rien à foutre) de la Shoah». Dénonçant des «propos racistes inacceptables», son label Universal Music avait annoncé la fin de leur collaboration. Le label a précisé qu'une procédure judiciaire est en cours concernant le contrat de distribution les liant pour l'album «LMF», rompu en septembre 2020.

Ces derniers mois, plusieurs préfectures ont interdit les concerts de Freeze Corleone. La justice administrative a permis la tenue de deux dates au Zénith de Paris en novembre mais validé l'interdiction d'un autre concert près de Nantes en décembre. Ce concert est reporté au 28 février, en attente d'une décision du Conseil d'État. Ce même Conseil d'État avait fini par autoriser le rappeur à se produire à Rennes en mars dernier.

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Vos réactions

Portrait de Raymond C
16/février/2024 - 17h01

Pour une fois, chose rare, ça ne devait pas être un juge rouge.

Portrait de Tristan96
16/février/2024 - 16h11

Quelle belle tête de vainqueur...